Généalogie et Histoire en Pays Dolois  

La commune de Saint- Georges de Gréhaigne (35)

 

 

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Un peu d'histoire

Le nom de Saint-Georges

Un peu d'histoire locale

Le prieuré

La maladrerie

Les ecclésiastiques

Le Presbytère

Le Cimetière

La Chapelle Saint-Mauron

En feuilletant les vieux registres

Le nom de Saint-GEORGES  (retour)

Sanctus Georgius de Vilers (1040), - Sanctus Georgius de Hyrhana (1500), - Sanctus Georgius de Grihania (1140).

Olim du diocèse de Dol, de l'archidiaconé de Dol et du doyenné de Dol.

Nunc de l'archidiocèse de Rennes, de l'archidiaconé de Saint-Malo et du doyenné de Pleine-Fougères.

    Cette paroisse a porté différents noms au cours des âges. Elle s'appelait au XIeme siècles: Saint-Georges de Vilers ou Saint-Georges de Hyrhane. Au XIIIe siècle c'est Saint-Georges de Grehaigne.

    D'où peut venir ce nom ? Du breton tout simplement. En breton Créenn signifie colline. De "créenn" il est facile de prononcer "grehaigne". Saint-Georges de Gréhaigne serait donc Saint-Georges de la colline, ce qui est géographiquenent exact. Cette paroisse appartenait jadis au diocèse de Dol.

    Après la Révolution elle fut rattachée au diocèse de Rennes, et fait actuellement partie du doyenné de Pleine-Fougères.

ORIGINES. - L'histoire fort intéressante des commencements de cette paroisse n'est autre que celle du prieuré de Gréhaigne, fondé dès le XIe siècle par les Bénédictines de l'abbaye de Saint-Georges, et nous ne pouvons que renvoyer nos lecteurs à l'article consacré à cet établissement. (Pouillé, Tome II, 285 et suiv.)

L'abbesse de Saint-Georges présenta le recteur de Saint-Georges-de-Gréhaigne jusqu'à la Révolution; en 1790, cette dame levait les trois quarts des grosses dîmes de la paroisse et abandonnait au recteur, pour sa portion congrue, le dernier quart de ces dîmes et toutes les novales.

En 1735, une bonne partie de la paroisse de Saint-Georges dépendait d’ecclésiastiques : les Bénédictins du Mont Saint-Michel y avaient un fief important, les religieux de l'Hôpital de Cendres 40 journaux de terre, le recteur de Saint-Georges 13 journaux 69 cordes, l'obiterie de Saint-Georges une vingtaine de journaux, l'abbesse de Saint-Georges le prieuré de Gréhaigne, et le chapelain du Val 100 liv. de rente.

La fabrique possède un registre des Comptes des trésoriers de Saint-Georges du commencement du XVIIe siècle; on y voit qu'en 1626 il fallait six pots de vin, payés 60 sols, pour la communion pascale, et qu’on allait alors en procession au Mont Saint-Michel, à Broualan, Sainte-Anne-de-Ia-Grève, Saints, Pleine-Fougères, Roz, Macey, etc.

(Guillotin de Corson, Pouillé, VI-30)

Un peu d'histoire locale  (retour)

    Deux actes du XIIè siècle nous apprennent que Conan II, duc de Bretagne, avait donné lui-même la juridiction seigneuriale de Gréhaigne aux religieuses de Saint-Georges de Rennes :

1° Une bulle au pape Alexandre III les confirme en 1164 dans la possession de l'église, du cimetière et des hommes de Gréhaigne;
2° Guillaume, sénéchal de Rennes, avertit, le seigneur de Combourg que les habitants de Gréhaigne sont les sujets de ces religieuses, par don du Comte de Bretagne.

    Les papes Innocent III en 1208 et Eugène IV en 1442, consacrent par arrêts les bulles d'Alexandre III. En 1233, Ascelin Pasdebof devient propriétaire du prieuré. Les religieuses réclament. On finit par s'entendre sur les redevances et Clément, évêque de Dol, ratifie les contrats: Ascelin Pasdebof gardera le prieuré à vie durant; à sa mort il devra le laisser en parfait état aux religieuses.

    En 1272, Rolland, fils de Guy, veut être sénéchal féodé de la paroisse de Saint-Georges-de-Gréhaigne. Puis il renonce à ses prétentions en faveur de l'abbesse de Saint-Georges, et jure même de la défendre.

    Pendant les guerres de Bretagne, dans la seconde moitié du XVè siècle, le prieuré de Saint-Georges-de-Gréhaigne fut ruiné. Il fut relevé en 1491 par Françoise d'Espinay.

    Au XVIIè siècle, le prieuré et la seigneurie étaient séparés. Seule la seigneurie appartenait à l'abbesse de Saint-Georges de Rennes.

    Le prieuré avait en titre : une maison priorale, des jardins, pourpris, terres cultivables et non cultivables, le tout contenant environ 40 journaux de terres exemptes de rentes et dîmes, avec fiefs et juridiction; 96 boisseaux de froment dus par l'abbesse; les trois-quarts des oblations (offrandes) de Saint-Georges, sauf le jour de la fête de Saint Georges; les trois-quarts des menues dîmes : pommes, chanvre, lin, laine, cochons, oisons.

    La seigneurie possédait en Saint-Georges : les Mazûres de la Grange avec colombier, cours et dépôts, une vieille masse de moulin à vent et plusieurs terres.

    L'abbesse de Saint-Georges de Rennes avait droit de juridiction, de haute, basse et moyenne justice sur la paroisse de Saint-Georges-de-Gréhaigne. Pour exercer ce droit elle nommait des officiers qui tenaient audience tous les vendredis, et le jour de la fête de Saint Georges, ainsi que le lendemain.

    Les Religieuses de Saint-Georges étaient patronnes et fondatrices de Saint-Georges-de-Gréhaigne, ayant tous droits de supériorité et présentant à la Cure. Elles jouissaient du droit d'ancrage et les mariées de l'année leur devaient un droit spécial :

1° La dernière des mariées de chaque année devait jeter par dessus l'église," le jour de l'Epiphanie, trois fois une balle de jeu de paume, sous peine d'amende;

2° Le dimanche qui suivait les noces, en dehors et près du cimetière, à l'issue de la grand'messe, chaque mariée devait une chanson en dansant.

Le prieuré  (retour)

     L'histoire du Prieuré n'est autre que l'histoire de la fondation de la paroisse de Saint-Georges. Mais où donc se trouvait ce Prieuré ?

    Derrière le presbytère actuel s'élève un groupe d'habitations qu'on appelle aujourd'hui " Le Prieuré ". Selon les archives paroissiales, les plus anciennes de ces habitations faisaient autrefois partie d'une grande ferme appelée " La Prieûrée ". Cette ferme appartenait certainement au domaine ecclésiastique. Vendue pendant la Révolution de 1789, elle devint, comme ses dépendances propriété de la famille Desforges. La cour était fermée à l'est par la grange dîmière, et à l'ouest par une écurie transformée depuis en maisons d'habitation. A l'ouest de cette écurie longtemps furent entassés des débris et matériaux qui ont fait croire en cet endroit à l'existence d'une communauté. Il ne reste donc rien qui puisse nous donner avec certitude l'emplacement de ce Prieuré.

        voir la liste des prieures sur clergedol

    L'Abbesse de Saint-Georges de Rennes présenta le Recteur de la paroisse de Saint-Georges jusqu'à la Révolution. En 1790, cette dame levait les trois quarts des grosses dîmes de la paroisse et abandonnait au Recteur pour sa portion congrue le dernier quart de ces dîmes et toutes les novales (impôt levé sur les terres nouvellement mises en valeur).

La Maladrerie (retour)

     En 1728, la fabrique de Saint-georges possédait un jardin appelé le courtil Saint-Lazare.

Les ecclésiastiques (retour)

    En 1755, une bonne partie de la paroisse de Saint-Georges dépendait d'ecclésiastiques :

1° Les Bénédictins du Mont Saint-Michel y avaient un fief important;

2° Les Religieuses de l'Hôpital des Cendres, 40 journaux de terre;

3° Le Recteur de Saint-Georges, 13 journaux et 69 cordes;

4° L'Obiterie (fondation pour les défunts), une vingtaine de journaux;

5° L'Abbaye de Saint-Georges de Rennes, le Prieuré de Gréhaigne;

6° Le Chapelain du Val, 100 livres de rente.

Les Archives paroissiales conservent les noms des 33 Recteurs de Saint-Georges qui se sont succédés depuis 1569.

    Sur ce nombre, neuf dirigèrent la paroisse pendant plus de vingt ans. Le premier prix de durée appartient sans contestation possible à M. l'abbé François Brigaux, qui fut chef de la paroisse de 1830 à 1877; le deuxième prix à M. l'Abbé Jacques Frain, prêtre d'Avranches, qui dirigea la paroisse du 23 avril 1640 jusqu'en 1676.

    voir la liste des ecclésiastiques sur clergedol

Le Presbytère  (retour)

    Quand je suis arrivé à Saint-Georges, en décembre 1879, raconte M. l'abbé Ollivier, nommé recteur de cette paroisse, époque d'un hiver rigoureux, mes meubles venant de Coësmes où j'avais séjourné pendant 2 ans 1/2, ont stationné pendant deux mois dans la voiture Muraille déménageur de Rennes, sur la voie publique, au milieu des neiges. Je n'ai trouvé à Saint-Georges que des ruines : l'église était à jour - l'on assistait aux offices avec un parapluie - le cimetière ressemblait à une forêt vierge, les murs étaient détruits, son portail menaçait de tout écraser, le presbytère n'était plus qu'un amas de décombres.

    Après M. l'abbé Laine, mon prédécesseur, je m'installai avec ma mère, âgée de 72 ans, derrière des planches mal unies, dans une location, au bas du bourg, la maison Noël Boucan.

    Son Eminence le Cardinal Place, lors de son passage à Saint-Georges, en 1881, voulut bien y dîner. Quoique transformée, elle put en constater l'excessive pauvreté.

    Monsieur Guiller, alors maire de Saint-Georges, avait déjà projeté de restaurer le presbytère, mais il n'avait pu aboutir. Le nouveau maire, M. Coignard, reprit ce projet de restauration malgré l'avis contraire de M. l'Abbé Ollivier. Ce dernier, en effet, jugeait préférable d'abattre l'ancien presbytère et en récupérant la pierre pour en construire un autre entièrement neuf.. Pendant huit ans, l'on avait discuté. Toujours sans succès. Au dire de la Sous-préfecture, l'on n'avait pas eu le talent de faire une pièce légale. L'on eut restauré, c'eut été un malheur. .

    Songez que le devis approximatif de tous les frais de restauration (dont le détail est conservé aux archives) s'élevait à 6.677 fr., somme formidable pour l'époque et qui, à la valeur actuelle de la monnaie, dépasserait certainement le million et demi, L'Abbé Ollivier estimait qu'avec cette somme on pouvait construire un nouveau bâtiment.

    Montant des travaux indispensables à faire pour rendre l'ancien presbytère en état d'être habité.

Travaux au presbytère

 5.117 fr. 02

Travaux aux dépendances

    303 fr. 38

Travaux aux clôtures

    232 fr.

Travaux imprévus

    447 fr. 60

Honoraires de l'architecte

    282 fr. 62

Frais de voyage et temps passé sur les lieux pour relever les plans de l'ancien presbytère

     294 fr.40

Total général de l'Entreprise  

 6.677 fr. 02

    L'ancien presbytère se présentait de la façon suivante : il occupait l'emplacement du presbytère actuel, mais sa façade regardait vers le Nord-Ouest, son pignon Est bordait donc le chemin vicinal qui passe actuellement entre la grille et le mur du cimetière. La maison d'habitation était de construction très ancienne ; la couverture en chaume était en en très mauvais état.

    Cette habitation comprenait un rez-de-chaussée d'une hauteur de 2 m. 65 et un premier étage d'une hauteur de 2 m. 61. Les aires étaient partie en bois, partie en carrelage, en mauvais état. Au rez-de-chaussée se trouvait une cuisine dont l'aire était en terre, puis une salle dont le plancher était très mauvais et les lambris pourris. Entre la salle et le cellier était un corridor au fond duquel montait un escalier conduisant à l'étage.

Le Cimetière  (retour)

    Tous les étrangers qui viennent visiter notre église sont d'accord pour déclarer que le cimetière est parfaitement entretenu et nettoyé. Il n'en fut pas toujours ainsi. Voici donc ce que déclara M. l'abbé Ollivier, ancien Recteur de la paroisse :

    " Le cimetière était fermé en 1879, lors de mon arrivée à Saint-Georges, par un mauvais portail qui fut, dit-on, monumental, et par une barrière en ruines. J'ai découronné le vieux portail qui menaçait de tout écraser et j'ai remplacé la barrière par un élégant portail de fer élégi pris à St-Sauveur-les-Arras.

   En 1879, le portail n'était plus qu'uns vieille décrépitude environnée de murs laissant passage partout aux oies, aux moutons, aux animaux immondes. Où était donc le respect des morts ?

    Le cimetière, à cette époque, était à l'avenant : des creux, des bosses, pas un sentier praticable, un hêtre épouvantable à l'ombrage duquel certains allaient se coucher pendant les instructions, des pommiers, des ormeaux, des cyprès, des ronces, des épines, des orties au milieu desquelles l'on disait que les cloches tombant du campanile s'égaraient quelquefois, du lierre qui mangeait l'église elle-même ; en un mot, une vraie forêt vierge qu'on ne pouvait impunément affronter. " .

    L'abbé Ollivier fit donc restaurer les murs, abattre les ragosses, niveler les sentiers, planter des rosiers et des sapins, diviser le cimetière par quartier et tracer tout autour une belle allée circulaire pour les processions. Il projeta aussi de faire placer une belle statue de la Ste Vierge sur un piédestal de rocher, dans le champ de la fabrique. Mais il ne pu réaliser ce projet.

    Il note aussi dans les archives que lors de la grande révolution le cimetière et la vieille église furent vendus cinquante centimes a Pierre Auvray, qui s'empressa d'ailleurs de les rendre au culte.

    A droite de la porte des femmes, on pouvait voir les tombes des deux soeurs Toullier de la Bégocière, religieuses des Sacrés Cœurs (aujourd'hui disparues). Sur les pierres tombales en marbre blanc, on pouvait lire :

        1°) Sur la première, celle d'Anne-Claire, décédée en 1834 : " Ses parents placent ce monument en reconnaissance de ses bontés pour eux et pour tout le bien qu'elle a fait aux malheureux, et pour perpétuer le souvenir de son éminente piété. "

        2°) Sur la deuxième, celle de Lucie-Anne-Eulalie, décédée-en 1843 : " Toute sa vie consacrée aux œuvres de piété, au soulagement des pauvres, aux attentions les plus délicates pour sa famille a été le modèle et le plus parfait tableau de toutes les vertus chrétiennes. "

Chapelle Saint-Mauron  (retour)

    A deux kilomètres à l'ouest du bourg, dans une position splendide, sur les hauteurs, s'élevait la chapelle Saint-Mauron. Il n'en reste plus rien. Elle était fondée de messes et son chapelain habitait, dit-on, sur la lande de Montomblet-en Sains.

    La statue qu'on y honorait fut apportée à l'église de Saint-Georges à la fin du siècle dernier. Depuis, elle a disparu.

En feuilletant les vieux registres  (retour)

    En l'an 1800 vivaient à Saint-Georges les familles dont les noms suivent :

Jacques Coesne, marié à Marie Jeanne, au bourg ;

Julien, Chesnaie, marié à Georgine Brune, au bourg ;

Louis Chasnard, marié à Thérèse Mauve, à Chasnel ;

Jean Fermi, marié à Françoise Lambert ;

Joseph, Touquet, marié à Françoise Jamet, à Belistre ;

François Petit,marié à Gervaise Besnard, rue du Moulin ;

Pierre Lanoé, marié à Georgine Natu ;

Michel Hubert, marié à Julienne Lemée, à Chasnel ;

Jean Boucan, marié à Laurence Guiller, à Pas-au-Boeuf ;

René Ménard, marié à Françoise Hubert, à Chasnel ;

René Sérel des Forges, maire de Saint-Georges, marié à Julienne Jourdain ;

Mathurin Nérambourg, marié à Jeanne Janes, aux Grevettes ;

Gilles Bataille, marié à Marie Philippe, à Pas-au-Boeuf ;

Julien Gibert, marié à Marie Lecomte, à Pas-au-Boeuf ;

Julien Lemée, marié à Julienne Gaslain, à l'Aune ;

Pierre Marchebois, marié à Suzanne Lottin, à Belistre ;

Julien Pichard, marié à Rosé Sebaud ;

Jean Guiller, marié à Jeanne Pichard, à Bellistre ;

Julien Maufrais, marié à Marie Veillot ;

Raoul Lambert, marié à Anne Micouin ;

Pierre Lanoé, marié à Marguerite Bouvier, à la Sabotière ;

Raoul Lambert, marié à Julienne Lambert, à la ferme de la Chapelle ;

François Jourdain, marié à Louise Desgranges, à l'Aune ;

Julien Chesnel, marié à Suzanne Pichard, au bourg.

Sources :

Bulletins paroissiaux 1948 à 1954.

Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Guillotin de Corson.

Le département d'Ille et Vilaine, Banéat.

Brochure Saint-Georges-de-Gréhaigne, son histoire, son vitrail, ses statues, ses enfeus, sa grotte; Imp. Bretonne, Rennes, 12 pp; sd.

Collections privées

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mise à jour 06/08/2006