Généalogie et Histoire en Pays Dolois  

Les pêcheries de la baie de Cancale et du Mont Saint Michel

 

 

 

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© pelem

mise à jour 06/08/2006

 

Les pêcheries de la Baie du Mont-Saint-Michel
Des origines à nos jours

    Les pêcheries de la baie s'alignent parallèlement à la digue des marais de Dol, qui sert de support à la route côtière, à une distance de 3 ou 4 kilomètres dans les grèves. Vues du rivage, elles paraissent une longue ligne noire coupant l'horizon grisâtre es vases découvertes par la mer, mais des falaises de Château-Richeux et de la Houle à Cancale, on voit mieux ce qu'elles sont vraiment : Une ligne ininterrompue de palissades en zigzag sur environ quinze kilomètres de Cancale à Cherrueix.

    Elles sont toutes construites de la même façon, semblables à un grand U dont la pointe regarde la haute mer. Les deux branches de ce U, appelées "Pannes" forment des murailles de 250 m. de longs clayonnages de branchages d'orme et de bouleau entrelacés, reliant des pieux de chêne solidement enfoncés tous les mètres et dont la hauteur qui dépasse à peine un mètre aux extrémités, augmente progressivement pour atteindre 3 à 4 mètres en se rapprochant du fond de la pêcherie de sorte que le haut des pannes soit sensiblement horizontal. Ces pannes s'éloignent l'une de l'autre en formant un angle aigu, leur ouverture vers la terre est d'environ trois cents mètres. Elles aboutissent à la tête de la pêcherie constituée d'un appareil en osier ou branches de saules appelé "bourrache" ou "bâchon". Cette nasse terminale est munie d'une porte sur le côté. Le cône qui la forme est à claire-voie pour laisser passer le frai et les tous petits poissons.

    A 50 mètres environ à partir de la tête, chaque panne se trouve renforcée à l'intérieur par un clayonnage plus serré. Ces pannes ne se rejoignent pas au sommet de l'angle, mais forment un étroit couloir qui aboutit au cul de sac de la bourrache.

    Les poissons emprisonnés entre les pannes à la marée descendante ne peuvent que difficilement s'échapper par les interstices des claies, de plus en plus serrés à mesure que les deux ailes se rapprochent de leur jonction et, entraînés par le jusant, ils se retrouvent dans la nasse où les pêcheurs viennent les prendre avant que la mer ne soit complètement retirée.

    Il y a ainsi une trentaine de pêcheries entre Cancale et Cherrueix, plantées sensiblement à mi-distance de la haute et de la basse mer. En morte-eau elles sont recouvertes de plus de 5 m. d'eau, et de plus de 7 m. en grande marée.

    La plupart de ces pêcheries portent un nom, certains très anciens, tel la Pauvrette, la Roussette, la Brunette, la Quic-en-Grogne, la Mécanique (parce qu'elle fut jadis échangée contre une machine à battre), Taillefer, etc... Quelques pêcheries sans nom sont désignées par un numéro.

    On y pêche en toute saison, le plus fréquemment du bar, du mulet, de la plie, de l'alose, de la vieille, mais il arrive qu'on y trouve aussi du turbot, du congre, de la lamproie et de la morue. L'hiver, le hareng, le sprat, la sardine dominent. L'été, c'est le maquereau, le chien de mer, le grondin, des seiches ou margattes.

    Cette pêche reste cependant incertaine, souvent les pêcheurs ne trouvent que de la "crasse" ou du fretin invendable. La belle pièce est rare et les pêcheurs ont beaucoup de mérite à faire à chaque marée (2 fois par jour) et par tous les temps, de jour comme de nuit, une dizaine de kms dans la grève.

    On a vu le mécanisme, simple de soi, de la capture du poisson, et l'on comprend le profit que l'on peut en retirer, avec des installations peu compliquées qui s'étendent sur d'aussi grandes surfaces ; une pêcherie couvre une surface d'environ 3 hectares.

    On comprend aussi qu'autrefois ces pêcheries devaient être très nombreuses à une époque, où l'aliénation du domaine maritime subissait de très fréquentes entorses. Et l'on ne sera pas étonné de savoir que les marins pêcheurs, se soient à travers toutes les époques élevés contre une concurrence qualifiée d'abusive, demandant la suppression d'établissements où les propriétaires n'avaient que la peine d'aller chercher à la mer descendante les poissons qui s'étaient laissés prendre.

    Il convient donc de rappeler l'établissement de la réglementation qui a eu pour but d'aplanir les difficultés soulevées au cours des siècles entre les marins (qui entendent que les produits de la mer leur soient réservés, invoquant à leur secours le principe domanial), et les propriétaires de pêcheries (autrefois forts de leur puissance seigneuriale ou épiscopale, et aujourd'hui d'un usage et d'une tradition séculaire.)

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