Généalogie et Histoire en Pays Dolois  

La commune de Cherrueix (35)

 

 

 

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Histoire de la commune de Cherrueix

de 1879 à 1934

à travers les comptes rendus des délibérations de ses conseils municipaux

 

Avertissement

Les notes qui suivent n'ont d'autre but que de mettre à la disposition des cherrulais intéressés par l'histoire de leur commune un certain nombre de faits qui ont été relevés dans les comptes rendus des délibérations du conseil municipal de Cherrueix de 1879 à 1934 et de leur éviter ainsi une lecture longue et fastidieuse des registres concernés.

Elles font suite à une étude identique couvrant la période 1827 – 1879 et réalisée l'an passé à partir d'un recueil disponible aux Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine.

Le présent document peut être obtenu gratuitement par courriel en adressant une demande  à l'adresse mél suivante pierre.petour@wanadoo.fr en précisant la référence 04197

Pour les personnes intéressés par ce document je signale qu'une autre étude couvrant la période 1934 – 2000 devrait voir le jour en fin d'année 2005.

Enfin, je remercie d'avance toutes les personnes qui voudraient bien m'apporter des précisions complémentaires sur certains points traités ici, de façon à pouvoir les inclure dans une éventuelle version ultérieure.

Pierre Pétour , Novembre 2004

Plan

  1 – Les conseils municipaux

  2 – les chemins

  3 – projets de chemin de fer et de tramway

  4 – les foires

  5 – la pêche

  6 – création du nouveau cimetière

  7 – l'école

  8 – la poste

  9 – L'arrivée du téléphone

10 – l'arrivée de l'électricité

11 – le social et l'hygiène

12 – l'agriculture

13 – la "guerre de 14" et l'érection du "Monument aux Morts"
14 – la paroisse

15 – Divers

1 - Les conseils municipaux .

Le plus ancien registre conservé en mairie de Cherrueix, et concernant les comptes rendus des délibérations des conseils municipaux, commence par une délibération du 18 février 1879.

Les conseillers, au nombre de 14,  sont alors les suivants : Ganier, Trécan, Pierre[1] Delépine, Chevalier, MonsiMet, Delépine René, Lambert, Michel Delépine, Pincé, Lecompte[2], Plainfossé, Ogier, Ame et Hurel.

Les réunions avaient lieu dans la "maison commune" (mairie) et avec l'autorisation préalable du Préfet à qui l'on avait soumis à l'avance la liste des questions à l'ordre du jour.

Ces réunions avaient lieu initialement à 2 ou 3 heures "du soir".  Par la suite elles eurent lieu à 7 ou 8 heures du matin (heure solaire).

Le  premier point traité est celui d'une extension de l'école "rendue nécessaire par le grand nombre d'élèves fréquentant cette dernière". On envisage alors de construire une annexe ainsi qu'un cellier pour l'instituteur, à l'ouest de la mairie. Nous y reviendrons dans le chapitre dédié à l'école.

Il m'a semblé intéressant de retranscrire ici les résultats des différentes élections pour rendre hommage à ces nombreux cherrulais qui se sont dévoués au service de la commune et qui ont contribué à en faire ce qu'elle est devenue aujourd'hui. En voici la liste exhaustive :

Élections de 1881.

Les élections eurent lieu le 9 janvier. A L'occasion de cette élection le nombre de conseillers fut porté à 16.

Furent élus :

Trécan Jean

Ganier Marie

Lambert Jean-Marie

Delépine René

Delépine Étienne

Delépine Michel

Delépine Pierre

Ogier Henri

Ganier Pierre

Couapel Laurent

Chevalier Pierre

Lecomte François

Huet Pierre

Ame Jean

Hurel Julien

Monsimet Auguste

 L'élection du maire et de l'adjoint eurent lieu le 23 janvier 1881. Laurent COUAPEL fut élu maire et Pierre Delépine, adjoint.

Élections du 18 mai 1884

La population fut invitée à venir voter le 4 mai et élit les 16 conseillers suivants :

Delépine Pierre

Trécan Jean

Lambert Jean-marie

Delépine René

Ogier henri

Delépine Michel

Couapel Laurent

Delépine Étienne

Ame Jean

Lemonnier Julien

Lecomte François

Huet Pierre

Ganier Pierre

Hurel Julien

Monsimet Auguste

Ganier Marie

Laurent COUAPEL fut élu maire avec 15/16 des voix et Pierre DELÉPINE adjoint.

Élections de 1888.

Elles eurent lieu les 6 et 13 mai.

Trécan Jean

Lambert Jean-marie

Lemonnier Francis,

Lemonnier Julien

Carré Pierre

Delépine René

Huet François

Pincé Gilles

Plainfossé Auguste

Delépine François

Chevalier Pierre

Delépine Pierre-Placide

Couapel Laurent

GanieR Marie

Oger Pierre

Lecomte François

 L'élection du maire et de son adjoint eut lieu le 20 mai. Des tensions devaient alors exister à l'intérieur du conseil car le maire : Marie GANIER ne fut élu qu'au 3ème tour. Il en fut de même pour son adjoint : Pierre-Placide Delépine.

Élections de 189

Élus :

Ogier Pierre

PincÉ Gilles

Delépine René

Lemonnier Julien

Lambert Jean-Marie

Nivolle Jean

Lognoné François

Lecomte François

Carré Pierre

Plainfossé Auguste

Delépine Placide

Chevalier Pierre

Renaud Pierre

Huet François

Ganier Marie

Delépine François

 Furent élus[3] et au premier tour cette fois-ci : Marie GANIER en tant que maire et Pierre-Placide DELÉPINE comme premier adjoint.

Élections de 1896.

Élus :

Ganier François

Delépine Pierre-Placide

Lambert Jean-Marie

Aubin Jacques

Chevalier Pierre

Carré Pierre

Delépine René

Lognoné François

Ame Eugène

Lemonnier Julien

Nivolle Jean-Marie

Pincé Gilles

Renault Pierre

Huet François

Lecomte François

Delépine François

 Lors de la réunion du conseil municipal qui suivit ces élections (17 mai 1896) Pierre-Placide DELÉPINE fut élu maire avec 14/14 des voix et François HUET adjoint avec 14/14 des voix également.

Élections de mai 1900.

Furent élus :

Delépine Pierre-Placide

Delépine René

Chevalier Pierre

Lemonnier François

Ganier François

Ame Eugène

Carré Pierre

Nivolle Jean-marie

Lambert Jean-marie

Aubin Jacques

Lemonnier Julien

Huet François

Lognoné François

Pincé Gilles

Delépine François

Renaut Pierre

 Pierre-Placide Delépine fut élu maire le 28 mai 1900 avec 15/15 des voix et François HUET adjoint avec , lui aussi, 15/15 des voix.

Élections de 1904.

Élus :

Lemonnier François

Delépine Pierre-Placide

Delépine René

Lemonnier Julien

Chevalier Pierre

Carré  Pierre

Lambert Jean-Marie

Gasnier François

Lecomte Alfred

Huet François

Nivolle Jean-Marie

Pincé Gilles

Guérin François

Lognonné François

Vallée Henri

Aubin Jacques

 Le conseil municipal, lors de sa réunion du 24 mai 1904 élit François HUET comme maire (avec 8 voix sur 14) et Pierre-Placide Delépine comme adjoint avec 11 voix sur 14).

Élections de 1908

Elus :

Delépine Pierre-Placide

Lecompte Alfred

LEMONNIER François

Delépine René

Carré Pierre

Pincé Célestin

Guilloux Théophile

Guérin François

Dory Constant

Lambert Jean-marie

Vallée Henri

Hurel Julien

Letannoux eugène

Lambert Ernest

Furent  élus :  maire,  Lecomte Alfred par 8 voix sur 14 et adjoint : Lemonnier François par 8 voix sur 14 également.

Élections du 19 mai 1912

Élus :

Lecompte Alfred

Huet François

Vallée Henri

Lambert Ernest

Guérin François

Lemonnier François

Blin François

Hurel Julien

Plainfossé Émile

Letannoux Eugène

Pincé Célestin

Lambert Jean-Marie

Beaudouin Placide

Ame Alfred

Dory Constant

Lemarié Joseph

Fut élu maire : Lecompte Alfred par 16 voix sur 16  et adjoint Lemonnier François par 15 voix sur 16.

Élections du 10 décembre 1919

 Les scrutins eurent lieu les 30 novembre et 7 décembre.

Furent élus :

Lecomte Alfred

Blin François

Valée Henri

LerOy Théophile

Hurel J u li en

Ame Alfred

Beaudouin Placide

Lambert Ernest

Plainfossé Émile

Lemarié Joseph

Dory Constant

Pincé René

Lambert Jean-Marie

Ame François

Chapdelaine François

Lemonnier François

Alfred lecomte fut élu maire par 16 voix sur 16 et François lemonnier fut élu adjoint par 15 voix sur 16.

Élection du 17 mai 1925.

Les scrutins eurent lieu les3 et 10 mai 1925.

Furent élus :

Lecompte Alfred

ChapdelAine François

Ame François

Ame Alfred

Plainfossé Émile

Leroy Théophile

Blin François

Lambert Ernest

Dory Constant

Letannoux Eugène

Lambert Jean-marie

Beaudouin Placide

Lemonnier François

Hurel Julien

Lemarié Joseph

Barbé Isidore

Alfred lecompte fut élu maire par 15 vois sur 16 et François Lemonnier adjoint par 15 voix sur 16 également.

Élections du 25 mars 1928.

Les scrutins eurent lieu les 3 et 10 mai 1928.

Furent élus :

Blin François

Chapdelaine François

Ame François

Ame Alfred

Plainfossé Émile

Leroy Théophile

Beaudouin Placide

Lemonnier François

Hurel Julien

Lemarié Joseph

Barbé Isidore

Lambert Marcel

Lambert Ernest

Dory Constant

Chauvel Louis

Haudebert Henri

Fut élu maire François lemonnier par 13 voix sur 16 et adjoint François Blin par 9 voix sur 16.

Élections du19 mai 1929.

Scrutins des 5 et 12 mai 1929

Furent élus :

Lemonnier François

Chapdelaine François

Lambert Ernest

Blin François

Barbé Isidore

Taillebois Édouard

Lambert Marcel

Ame Alfred

Leroy Théophile

Prioul Jean-Baptiste

Haudebert Henri

Plainfossé Émile

Ame François

Chauvel Louis

Lecharpentier Julien

Lesénéchal Louis

Furent élus : maire lemonnier François par 14 voix sur 16 et adjoint Blin François par 15 voix sur16.

2 – Les chemins.

Vers 1880, c'est à dire au début de la période étudiée ici, les chemins étaient entretenus en partie par un système de prestation en nature qui faisait que chacun devait fournir 3 jours par an de son temps pour l'entretien des chemins vicinaux[4] et venir, s'il en possédait, avec son cheval et sa charrette (délibération du 29 mai 1881). Cet impôt en nature fut supprimé en 1930.

En 1879 les chemins ne sont pas tous bien délimités comme ils le sont actuellement et les propriétaires riverains ont tendance à établir une clôture juste à la limite du chemin …voire un peu sur le chemin…de sorte que le conseil municipal fut amené à prendre le 17 août 1879 un arrêté contre l'envahissement des chemins ruraux par les propriétaires riverains qui "font des clôtures sans se soucier des alignements".  Désormais donc "aucune clôture ne devra être faite sur le bord des chemins ruraux sans qu'au préalable, le maire n'ait donné l'alignement. La largeur minimum des chemins ruraux est fixée à 5 mètres".

En 1883 la commune entreprend le classement des chemins afin d'en prendre à sa charge l'entretien. Lors de sa séance du 4 février 1882 le conseil classe en chemin vicinaux les chemins suivants : le chemin Dolas, le chemin Davet, le chemin de la Bourbançais, le chemin du Pont-Léchard à la Regaudais, le chemin de la Verdière, les chemin des Écluses, le chemin de la Regaudais, le chemin du Biez, le chemin de Bar, le chemin de Pian (du chemin du Bar au pont de Pian), le chemin de la Rivière, le chemin de la Planche, la ruelle des Carrées, le Bas-Chemin, le chemin de la Chapelle, le chemin du Rageul et le chemin des Murailles.

Ouverture de la  carrière des Cognets en Baguer-Pican.

Pour empierrer les chemins et les rendre plus praticables il faut de la pierre et que celle-ci soit, de préférence, produite le plus près possible du lieu d'utilisation. Ceci amène à ouvrir des carrières dans la colline voisine. L'ouverture d'une carrière nécessitait l'accord des communes limitrophes. Lors de sa séance du 3 janvier 1892 le Conseil fut amené à donner son accord pour l"ouverture d'une carrière aux Cognets en Baguer-Pican pour les travaux d'empierrement des chemins des communes de Dol, Baguer, Mont-Dol et Cherrueix. Les pierres seront vendues au prix de 0,15 F/m3 et le fermier sera indemnisé à raison de 1,75 F/are/an plus, si nécessaire, une indemnité d'abattage des arbres".

Trois ans plus tard (4-8-1895) le département demande l'accord du conseil municipal, qui donne un avis favorable, pour l'ouverture d'une carrière aux "carreaux " en Baguer Pican pour les besoins des chemins ruraux.

Création de la "ruelle des aires"

Cette voie est de création récente. C'est Madame DEMOLON, supérieure de l'orphelinat de Saint-Broladre qui céda, en avril 1884,  à la commune six parcelles[5] en vue de la création de ce chemin reliant la route de Sainte-Anne à l'actuelle[6] "grand'route".

La signalétique actuelle mentionne, pour cette voie "la ruelle des aires ", après la seconde guerre. J'ai toujours entendu appeler ce chemin "la ruette[7] de heures" et dans les comptes rendus du conseil municipal, pour l'époque étudiée ici, elle est toujours dénommée "ruelle des heures ". Pourquoi "des heures " et pourquoi ces différents noms ? La question reste posée.

Le "redressement" des chemins.

Les chemins que nous empruntons aujourd'hui sont issus d'anciens sentiers piétonniers  (appelés en local des "rottes ") qui ont été, avec le temps, élargies d'abord pour laisser passer une voiture, puis élargies de nouveau pour donner les routes que nous connaissons aujourd'hui. Les sentiers piétonniers initiaux serpentaient dans la nature en évitant les souches, les mares et les propriétés seigneuriales. C'est la raison pour laquelle ils ne sont jamais rectilignes. A la fin du 19ème siècle, lorsqu'on a entrepris de faire les chemins que nous connaissons aujourd'hui, il a fallu "redresser" pratiquement tous les chemins ruraux. Nous retrouvons trace de ces redressements dans le compte rendu de la séance du 30 mai 1897 où la commune préempte ou vend quelques m2 ou dizaines de m2 pour rendre des chemins plus rectilignes. On retrouve aisément les traces de ces sinuosités sur la route du Bourg à Sainte-Anne en observant l'angle que font les façades des maisons les plus anciennes avec la route actuelle. Certaines cartes postales anciennes de Cherrueix mettent en évidence ces anciennes sinuosités.

Apparition du goudronnage des routes.

Les premiers essais de goudronnage en France datent de 1913. Dans la région, ils font leur apparition en 1931. La commune de Cherrueix envisage de goudronner la route de Sainte-Anne au Bourg qui est la plus fréquentée mais y renonce vite en raison du  prix demandé (25.000 F) qui dépasse ses possibilités budgétaires.

Prix de la pierre.

Combien pouvait, à cette époque, coûter la pierre utilisée pour la construction des chemins ?

Nous en avons trouvé quelques traces qui permettent grâce au tableau de la fin de cette étude de transformer ces prix en euros et francs actuels.

- Le 12 avril 1931 la commune achète à Monsieur Genée entrepreneur à Dol, 100 m3 de pierre (à 23 F/m3)[8] pour l'empierrement des routes..

- En octobre 1932 la commune achète pour 1933 à Monsieur Hérissé entrepreneur à Dol de la pierre à 40 F/m3 pour l'empierrement des chemins.

3 Projet de chemin de fer et de tramway.

Vers les années 1850 c'est la pleine explosion des voies de chemin de fer (il arrive à Rennes en 1858). Cette innovation constitue une véritable révolution économique et chaque ville rêve d'avoir sa gare de chemin de fer. Des projets fusent de toutes parts. En 1884 on demande à notre commune de se prononcer sur la création d'une voie "Cancale-Pontorson". Le conseil, lors de sa séance du 21 décembre 1884  "s'y oppose absolument car la commune n'a pas les fonds nécessaires pour y contribuer".

Par contre le Conseil émet en septembre 1885, un avis favorable à une pétition des gens de Hirel et de Vildé demandant une halte au passage à niveau du Fedeuil en Hirel sur la ligne Dol-Saint-Malo.

Demande d'un tramway Dol-Cherrueix

Lors de sa réunion du 23 novembre 1910 le Conseil demande au préfet que soit reéalisée une  étude sur la création d'une ligne de tramway Dol-Cherrueix. Les arguments présentés sont très intéressants pour se rendre compte de la situation économique de notre commune à cette époque. Nous les reproduisons ci-dessous in extenso.

 "La commune de Cherrueix compte 1.700 habitants dont beaucoup vendent du poisson, des œufs, de la volaille, des asperges, des plantes fourragères, des pommes de terre, des pommes à cidre, et où l'on trouve :

- 33 débitants en épicerie-mercerie,

- 20 marchands de poissons, légumes et asperges,

- 10 marchands de fourrage,

- 4 marchands d'œufs, volaille et beurre,

- 50 cultivateurs expéditeurs d'asperges,

- 3 boulangers,

- 3 bouchers,

- 5 charrons,

- 4 charpentiers,

- 5 menuisiers,

- 2 maréchaux forgerons,

- 10 fermiers de 35 ha et 40 de 25 ha,

- 60 pêcheurs portant leur poisson à dos pour vente à Dol, Combourg et Pontorson,

- 5 maîtres maçons,

- 4 maîtres couvreurs,

- 4 minotiers

 

- le chiffre réalisé par les commerces s'élève à 2.000.000 F

- le transit de pommes, asperges, poisson conduits à Dol est très important,

- De plus, un service des enfants assistés qui possède 70 à 80 enfants dans la commune plus ceux qui viennent y passer la saison d'été (50 à 60),

- Un séjour d'environ 2 mois de 150 à 200 étrangers venant passer les vacances sur le territoire de la commune,

- La prévision d'un embranchement le Vivier-Cherrueix est à rejeter car la route Dol-Le Vivier est très dangereuse en raison du grand nombre de voitures qui y circulent,

- Enfin, grâce à sa grève de sable uni, Cherrueix est appelée à gagner de l'importance au point de vue de station balnéaire."

Projet de tramway Pontorson-Saint-Malo.

Un avant projet de création d'une ligne de tramway à vapeur Pleine–Fougères- Pontorson-Saint-Malo est soumise, via le préfet, au conseil municipal le 27 novembre 1912. Il fut refusé en l'état car "la traction à vapeur présente de nombreux inconvénients :  trépidations, bruit au démarrage, effraie les bestiaux et augmente le risque d'incendie des récoltes et maisons couvertes en paille " mais "demande qu'il suive la route (le tracé proposé passe à travers les champs sur 3,5 km) et soit électrifié et raccordé à la ligne de chemin de fer". Ce projet restera sans suite.

En 1922 le député GARNIER propose au sénat la création d'une ligne de chemin de fer militaire qui pourrait servir en même temps, au transport des voyageurs. La commune de Cherrueix amenée à se prononcer, appuie bien entendu et avec enthousiasme ce projet. En voici l'argumentaire :

"Le conseil municipal considérant :

-         Que la baie de Cancale-le Mont-Saint-Michel constitue avec le territoire de Landes l'un des deux seuls emplacements pratiquement utilisables pour les exercices d'artillerie lourde à longue portée,

-         Que les pièces de cette artillerie ne peuvent être amenées ou déplacées que par voie ferrée,

-         Que dans ces conditions il serait indispensable d'établir une voie ferrée en raccord avec Pontorson et la Gouesnière et parcourant ainsi tout le rivage de la baie jusqu'à la pointe du Grouin,

-         Qu'une telle ligne de chemin de fer, mise, comme le sont déjà d'autres lignes militaires, au service des voyageurs et des marchandises en liaison avec les lignes du réseau général, rendrait aux populations du littoral des services indispensables à leur développement,

-         Qu'une proposition de loi tendant à cet objet vient d'être déposée sur le bureau de la chambre des députés par Monsieur le député GARNIER,

émet le vœu que cette proposition soit rapportée favorablement par les commissions et votée dans les plus brefs délais."

Ce projet ne vit lui aussi jamais le jour.

4 – Les foires.

Durant la période étudiée dans ces quelques pages, et comme déjà vu dans la même étude pour la période 1827-1879, des demandes continuent d'affluer des communes voisines pour obtenir l'autorisation de créer de nouvelles foires.

Il est à remarquer qu'elles ont toujours lieu le lundi. Pourquoi ? Seule la commune de Dol innove en 1883 en créant quatre foires le dernier samedi du mois. La Saint-Luc qui continue d'exister en est probablement une survivance.

A Cherrueix une décision du 28 septembre 1873 avait créé une foire le 2ème lundi de juin. Cette foire a-t-elle réellement existé et dans l'affirmative, jusqu'à quelle date ? Les comptes rendus du Conseil sont totalement muets à ce sujet.

Voici les demandes traitées par le conseil municipal pour les 67 années étudiées ici .
 

- Saint-Georges de Gréhaigne (03/04/1881) réponse positive pour la tenue d'une nouvelle foire le 3ème lundi de décembre mais refus "péremptoire[9]" de celle du 2ème lundi de juin car elle coïnciderait alors avec celle de Cherrueix .

- Saint-Guinoux : accord (20/08/1882) pour une foire le 1er lundi de mars.

- DOL demande (27/05/1883) de changer la date de huit de ses foires et d'en créer quatre nouvelles qui auront toutes lieu le dernier samedi du mois.

- Le Vivier ((21/12/1884) transfère sa foire au 2ème lundi d'octobre.

- Aucey (Manche) crée (09/08/1891) une foire franche (?) le lundi qui suit le 8 septembre.

- Saint-Méloir-des-Ondes crée ( 05/06/1901) sa foire le dernier lundi de novembre.

- Châteauneuf transfère en 1900 sa foire  dite de "Saint-Pierre es Liens" du 1er août au  1er lundi d'août.

- La Gouesnière, qui avait déjà une foire le 26 avril, demande l'autorisation d'en créer une seconde le 2ème  lundi de novembre. Le conseil refuse car d'autres foires existent déjà le même jour à Saint-Suliac et Baguer-Pican.

- La Fresnaie. Demande (28/03/1909) la création d'une seconde foire le 3ème lundi d'avril. Le conseil s'y oppose "car elle aurait lieu le même jour que celle de La Gouesnière à qui elle ferait tort".

- Épiniac demande (( juillet 1910) la création d'une foire le 2ème lundi de septembre

- Bazouges-la-Pérouse demande le report de sa foire du 29 septembre au jeudi qui suit le 29 septembre (si ce 29 septembre ne tombe pas lui-même un jeudi).

Parallèlement aux foires se tiennent des Comices Agricoles destinés à promouvoir les nouvelles techniques agricoles et provoquer une émulation entre les agriculteurs. On en retrouve la trace lorsqu'en août 1883, le conseil vote "une subvention de 50 F pour l'administration du Comice Régional et cantonal qui aura lieu à Dol le 17 septembre 1883".

5 – la pêche

Une certaine rivalité entre Cancalais et Cherrulais a toujours existé au sujet de la pêche dans la Baie.

A Cherrueix on rencontrait deux sortes de pêcheurs à pied :

 

- d'une part ceux qui pêchaient la crevette et possédaient quelques "bourraches[10]", quelques lignes[11] et quelques "dzures[12]" Ils vivaient modestement et, comme ils étaient réduits à l'inactivité pendant les périodes de mortes eaux, ils cultivaient en même temps, aidés de leurs épouses, quelques lopins de terre.

- d'autre part ceux, un peu plus aisés, qui avaient une pêcherie (en propre ou en location), qui allaient la "relever[13]" deux fois par jour avec un cheval et une charrette mais qui étaient, eux aussi, tributaires des mortes-eaux.

 

A Cancale, par contre, on rencontrait de très nombreux propriétaires de bateaux plus aisés, mieux organisés et plus aptes à défendre leurs intérêts.

Les poissons, crevettes, huîtres et coquillages pêchés par les Cherrulais constituaient un manque à gagner pour les Cancalais. Il faut rappeler que lorsqu'un banc de maquereaux se laissait prendre dans une pêcherie, c'est des tombereaux[14] entiers de poisson que l'on en retirait.

Les cancalais contre la pose de lignes.

Le premier conflit signalé dans les comptes rendus du conseil municipal remonte à mai 1885. Les cancalais portent plainte auprès de l'administration, au sujet des piquets des lignes qui abîment  leurs chaluts. Une pétition est alors organisée en réaction à cette plainte par tous les pêcheurs à pied du littoral. Le conseil municipal prend position en faveur de ses  pêcheurs et "prie Monsieur le ministre  de permettre aux pêcheurs à pied de gagner leur pain de la manière accoutumée. "

Location des herbus pour 1 F

Le sous-préfet fait remarquer à la commune, en juin 1893, que  les riverains qui mettent leurs animaux paître dans les herbus sont dans l'illégalité s'agissant du domaine maritime. La commune décide donc d'"amodier[15]" pour la somme de 1 F, au ministère de la marine, les herbus qui bordent son territoire.

Révolte contre "l'impérialisme" cancalais.

Pour limiter une sur-exploitation des bancs d'huîtres de la Baie, les affaires maritimes avaient institué une sorte de quota de cueillette annuelle qui consistait à n'autoriser la pêche au chalut des huîtres qu'à certaines époques bien précises de l'année. C'est ce que l'on avait coutume d'appeler "la caravane" en raison du grand nombre de bateaux qui quittaient alors simultanément le port de Cancale. Ces bateaux auraient dû alors se limiter à ne pêcher qu'en eaux profondes. Or ils venaient souvent draguer les bancs où les pêcheurs à pied de Cherrueix trouvaient leur subsistance[16]. La population entière s'en émeut et le conseil municipal est amené, pour défendre ses administrés, à voter la mention suivante que nous avons reproduite intégralement car elle permet d'avoir une bonne vision de la situation des pêcheurs à pied à cette époque.

"Le banc d'huîtres appelé  vulgairement " le banc du bas de l'eau" ou "le banc des marais" ou "banc des pauvres ", existant sur la limite extrême des grèves des communes de Saint-Méloir, Vildé, le Vivier, Cherrueix, de la baie de Cancale à 6 km environ du rivage, et dont une partie plus ou moins considérable peut-être pêchée à pied, sans engins en périodes de grandes et moyennes marées, offre une ressource bien précieuse pour la population indigente,  non seulement des communes du littoral mais encore et surtout de la commune de Cancale où tous les membres des familles pauvres, les femmes et les enfants même, se livrent facilement et sans danger à cette pêche inoffensive qui ne constitue à vrai dire qu'un simple glanage, et en retirent profit en vendant le produit, même à très bas prix, aux propriétaires des parcs et des étalages du port de la houle à Cancale.

Malheureusement, ce banc demeure frappé de stérilité pour de longues années, chaque fois qu'il est soumis à la pêche en bateau ; le sol peu résistant sur lequel il repose, labouré ou plutôt bouleversé trop profondément par le poids de nombreuses dragues en fer employées à cette pêche, met en effet près de 10 années à se raffermir suffisamment et à se regarnir de collecteurs pour que l'huître puisse  y reprendre et reconstituer ce nouveau banc si utile au repeuplement en huîtres de la baie de Cancale.

La pêche en bateau peut au contraire s'exercer sans danger pour la reproduction des huîtres, sur tout les autres bancs de la baie que les marées ne découvrent jamais et qui ne sont ainsi susceptibles d'aucune pêche à pied ni de glanage : tous ces bancs se sont formés sur un sol résistant et capable de supporter les dragues des bateaux de pêche.

En conséquence, dans le but de conserver pour la population indigente de notre littoral, le profit si précieux qu'elle retire de la pêche à  pied des huîtres, Monsieur le Président invite le conseil municipal à supplier l'Autorité compétente de réserver uniquement pour la pêche à pied, sans engins, le banc d'huîtres des marais qui deviendrait ainsi véritablement le "banc d'huîtres des pauvres".

Le conseil municipal après en avoir délibéré remercie monsieur le maire de sa proposition et l'invite à la faire soumettre également dans le plus bref délai possible aux délibérations des conseils  municipaux des communes intéressées, et de faire ensuite les démarches les plus pressantes pour qu'elle soit prise en compte par l'Autorité supérieure compétente".

Tentative de limitation de l'activité des pêcheries.

Un décret interdisant la pêche durant certaines périodes de frai du poisson[17] est vivement attaqué par la population qui voyait là une baisse très importante de son activité. Le conseil municipal, pour soutenir les pêcheurs concernés, vote donc la mention suivante :

 "Considérant

-         que le décret du 17 mars 1925 concernant la nouvelle réglementation des pêcheries laisserait pendant 5 mois, sans travail, 40 familles de la commune,

-         que le ravitaillement en poisson frais de la région serait notablement diminué et qu'il en résulterait presque sûrement une augmentation du prix des denrées et par conséquent du prix général de la vie,

-         que les petites stations balnéaires de la baie de Cancale, privées de poisson aux beaux jours seraient à peu près désertées;

Émet le vœu très insistant que le susdit décret soit reporté avant son application."

Échouage d'un  noyé.

Le corps d'un marin de Cancale a été retrouvé  noyé dans la grève, le 19 février 1920, face à Cherrueix. Le conseil municipal décide de verser, à titre d'honoraires, au docteur Rolland de Dol, venu constater le décès, la somme de 35 F, la famille du noyé étant insolvable.

Concurrence étrangère sur la morue.

Lors de la grande crise économique de 1929-1930, même la morue, pourtant très communément consommée dans la région se vend très mal au point que le conseil soit amené à voter une motion demandant que "pour favoriser l'armement de la grande pêche qui subit une crise redoutable et fait vivre une partie de la population de la région, le conseil municipal émet le vœu que les droits de douane frappant l'importation en France de la morue étrangère soient considérablement augmentés".

Cherrueix choye ses touristes

3-6-34 le conseil municipal vote 300 F pour le nettoyage de la   grève et demande aux Ponts et Chaussées l'autorisation de transporter 100 m3 de sable de la grève de Sainte-Anne au  bourg.

6 – la création du nouveau cimetière

Après les travaux de Pasteur on commence à se soucier des problèmes d'hygiène. En décembre 1912 le préfet fait remarquer que "le cimetière, au milieu du bourg est peu hygiénique et qu'il y a lieu de prévoir son déplacement dans un laps de temps très rapproché". C'est là  le point de départ d'un projet qui nécessitera 13 ans d'études avant son transfert définitif au Bois Robin, retard dû en partie à la "Grande Guerre" qui arriva quelques années après l'initialisation du projet et pendant laquelle il fut totalement occulté..

Diminution du nombre d'accès à l'ancien cimetière.

En 1918 on décide d'obstruer 4 des 6 portes de l'ancien cimetière à cause :

-         des enfants du bourg qui vont jouer dans le cimetière sans respect de ce lieu,

-         des nombreux chiens qui commettent des déprédations sur les tombes,

La commune décide de fermer complètement, dans l'ancien cimetière, 4 ouvertures et de ne laisser subsister que l'entrée principale et l'entrée nord du milieu du bourg. On ne laisse subsister que la porte d'entrée principale et celle face au bourg, près de laquelle se font les annonces. Les ouvertures maintenues devront être fermées par des portes à claires voies. Ces mesures sont édictées par la nécessité de mettre les tombes à l'abri des ravages causés par les chiens, les volailles et autres animaux errants. . Montant des travaux : 300 F (de 1918)

Relance, en 1920, du projet.

Ce n'est qu'en novembre 1920 que la commune reprend l'idée et propose un terrain dit "la motte" situé près de l'Académie et dont le fermier est Monsieur OGIER et le propriétaire Monsieur DE QUELEN. Ce terrain fut refusé par la Commission Départementale d'Hygiène.

En septembre 1921 la commune propose un autre terrain de 39 ares pris dans des champs appartenant à messieurs Boulanger et Vallée entre le village du Rageul et celui de la Saline, à 40 m de l'habitation de Malo Letannoux, l'accès se faisant par le chemin du bourg au Bois-Robin.

Le 29 janvier 1921, après s'être rendu sur place, le Conseil choisit d'une façon définitive  par 8 voix "pour" et une voix "contre" l'emplacement du nouveau cimetière qui sera érigé à l'endroit cité ci-dessus mais à 50 m de la ferme de la saline et une allée de 6 m de large. Les propriétaires sont indemnisés à raison de 1 F/m2 pour Boulanger et 1,5 F/m2 pour Vallée (en raison, pour ce dernier, de la moins value due au morcellement de la partie restante).

On choisit (19-03-1922) pour architecte l'agent-voyer[18] monsieur Haigron qui évalue la dépense à 22.000 ou 23.000 F. Après enquête d'utilité publique (04-03-1923) et l'approbation des plans et devis par le conseil municipal (06-05-1923) les travaux commencent en septembre. La commune donne alors son accord pour la réutilisation, pour l'empierrement des  chemins ruraux de la pierre provenant de la démolition partielle du mur de l'ancien cimetière. Pour faire face à cette dépense, un emprunt de 52.000 F fut souscrit auprès de la Caisse Régionale de Retraites Ouvrières et paysannes (R. O. P.) de Rennes et simultanément fut envoyée une demande de subvention au département. Pour éviter les dégradations, le nouveau cimetière, étant éloigné du bourg, ses portes sont fermées à clé. Fin 1923, 50 F sont ainsi alloués au titre de 1923 à la personne qui a assuré le service de portier du cimetière.

Le 25 janvier 1925 le travaux enfin terminés et une demande est adressée au préfet pour obtenir l'autorisation d'y enterrer les gens. On établit alors de nouveaux tarifs pour les concessions, à savoir :

 

-         perpétuelle : 100 F/m2

-         trentenaire : 60 F/m2

-         temporaire de 15 ans non renouvelable : 30 F/m2

-         les recettes seront destinées, à raison de 1/3 pour le bureau de bienfaisance et 2/3 pour la commune,

-         le cimetière est divisé en quatre carrés qui auront les destinations suivantes :

o       Sud-Ouest : concessions perpétuelles,

o       Sud-Est : trentenaires et temporaires,

o       Nord-Ouest : sépultures ordinaires,

o       Nord-Est : enfants.

-         le maire pourra allouer des concessions en bordure de l'allée principale

-         Les familles ayant une concession dans l'ancien cimetière ont droit  à une concession de même surface dans le nouveau.

La recette officielle des travaux de clôture et de nivellement eut lieu le 30 juillet 1925.

Pour éviter d'avoir des tombes orientées dans tous les sens; le Conseil décide (26/06/1926) que toutes les tombes devront être disposées face à l'allée principale qui a la direction nord-sud[19].

Désaffection de l'ancien cimetière et son démantèlement.

Enfin l'ancien cimetière est désaffecté par un arrêté du préfet en date du 4 février 1925, son maintien entraînant des problèmes de circulation dans le bourg et empêchant la réalisation de travaux d'assainissement.

Le 19 février 1933 la commune décide de confier à l'agent-voyer l'établissement des plans et devis pour :

-         l'enlèvement du vieux cimetière,

-         y aménager une place publique,

-         construire des caniveaux et trottoirs autour de la place.

Le corbillard

Du fait de la mise en service du nouveau cimetière la commune semble se soucier davantage du service des défunts. C'est ainsi qu'on décide en 1924 de construire  une remise (qui existe toujours) pour le corbillard, sur un terrain jouxtant l'école des filles d'un coté et la propriété de madame David née Natur d'autre part.

Peu de temps après (juillet 1924) on établit de nouvelles règles d'utilisation du corbillard à savoir :

 

-         droit de 25 F dû au conducteur quelque soit la distance,

-         tentures de 1ère classe : 25 F (destinés à l'entretien du corbillard)

-         les paiements se feront à la mairie contre un reçu,

-         le corbillard ne circulera que dans des chemins carrossables,

-         hors commune le tarif est de 40 F pour la classe simple et 50 F pour la 1ère classe (plus une indemnité de 35 F minimum (à débattre) pour le conducteur,

-         le nettoyage incombera au conducteur. Ce tarif fut porté à 100 F par prestation (le 13 mars 1927) dont 50 F pour la  commune et 50 F pour le conducteur.

 

En octobre 1924 il est voté 1.500 F pour l'achat d'une tenture destinée au corbillard. En 1932 on décide l'achat de :

- un caparaçon[20] simple pour la 3ème classe du corbillard pour 30 F,

- un caparaçon complet pour la 2ème classe  pour 60 f,

- deux lanternes pour le service de 1ère classe pour 80 F

7 – l'école

En 1879 l'école n'est pas gratuite. Les tarifs, fixés par le conseil municipal, sont de 1,50 F par élève et par mois pour tous les élèves. Pour certains enfants d'indigents ce montant est ramené à 0,75 F et réglé par la commune. Celle-ci prend en charge les salaires de l'instituteur et de l'institutrice s'élevant à 200 F chacun. S'y ajoutent 30 F pour l'entretien du matériel scolaire pour chacune des deux écoles (des garçons et des filles), 30 F pour la distribution des prix pour chaque école et 25 F pour l'achat de livres pour la bibliothèque utilisée par les deux écoles.

En 1880, l'instruction devient gratuite. En compensation de la rétribution apportée  par les élèves (atteignant en 1879, 500 F pour l'école des filles et 350 F pour l'école des garçons) l'état et le département versent à la commune une subvention de 1.412 F.

Construction de l'école publique des garçons.

Afin de faire face à l'accroissement du nombre d'élèves fréquentant l'école, une annexe doit être construite. Le devis se monte à 9.700 F (de 1879). La commune n'ayant pas cette somme envisage d'emprunter 6.720 F.

En 1880 la commune abandonne l'idée de création d'une annexe  et se propose de construire deux classes et un préau sur les terrains qui se trouvent au nord de la maison d'école[21].

Une commission scolaire  est nommée en mai 1882 et comprend : Hamard '(vicaire), Pierre Ganier, Pierre Delépine et Henri Ogier.

En réalité les plans n'en furent approuvés définitivement que vers 1890  pour un montant de 17.186,51 F (plus 1.293,74 F pour la grille d'entrée) et l'école ne fut achevée que vers 1892 et la recette définitive prononcée le 11 décembre 1892.

Construction de l'école publique des filles.

Jusqu'en 1902, l'école des filles est tenue par des religieuses. Elle ne peut donc pas être laïcisée. Or la commune se doit d'entretenir, à ses frais, une école de filles et une école de garçons. Le Sous-préfet rappelle cette obligation à la commune en août 1902 et lui intime l'ordre d'acheter un local à cet effet ou d'en faire construire un nouveau. Le conseil rejette vigoureusement cette demande et défend son école libre en ces termes :

            - considérant que ce serait agir contre le gré du Conseil Municipal et contre les sentiments de la population de la commune toute entière que de pourvoir au remplacement des sœurs qui dirigent l'école communale depuis 40 ans avec un dévouement infatigable et qu'en 25 ans 180 C. E. P. y ont été obtenus,

            - considérant qu'aucun bâtiment ni terrain dans le bourg n'est disponible, et qu'aucun immeuble n'est susceptible d'être transformé en école,

            - Considérant qu'actuellement la commune rembourse déjà un emprunt de 16.803 F contracté pour l'école des garçons,

refuse de voter tout nouvel impôt pour la création d'une école de filles.

En mars 1903 le sous-préfet remet la question à l'ordre du jour : nouveau refus de la municipalité. Mais en novembre 1903 devant une mise en demeure du sous-préfet, la commune doit d'incliner et accepte enfin de créer une école de filles au bourg. Elle crée à cet effet une commission chargée du suivi de ce projet et envoie immédiatement une demande de subvention à l'État et au Département. En octobre 1903 le conseil porte son choix, pour la création de l'école des  filles, sur le terrain de François FORTIN d'une surface de 11 ares et situé entre le chemin du Rageul et le chemin du Bourg à Sainte-Anne. Un plan est établi par Monsieur Clervoyer, architecte voyer. Le coût de l'ensemble du terrain et du bâtiment s'élève à 26.800 F[22]. Pour ce montant, la subvention de l'état est de 9.380 F. La commune devra donc emprunter 17.420 F sur 30 ans ce qui lui impose d'augmenter ses impôts communaux de 11%. Bien que la date de la recette définitive n'apparaisse pas dans les comptes rendus des réunions du conseil municipal, l'école a dû être achevée en 1906 car en 1907 on signale la vente de 11 tables, un bureau et un poêle  provenant de "l'école congrégationniste" et appartenant à la commune. Cette vente rapporta 29,75 F. A propos de son affectation on voit encore transparaître les heurts qui avaient dû se produire dans la population lors de la séparation de l'Église et de l'État qui eut lieu à Cherrueix en 1906. ( Cinq conseillers votèrent pour que cette somme soit répartie entre les deux écoles publiques et cinq également pour une répartition entre les 3 écoles (une libre et deux laïques). La voix du maire étant prépondérante ce fut la solution pour un partage entre les 3 écoles qui l'emporta.

Création d'une Caisse des Écoles

En 1882 est créée  une "Caisse des Écoles" (c'est une obligation pour toutes les communes). Celle-ci n'exista en réalité et pendant longtemps que sur le papier car en décembre 1895 le préfet déplore qu'il n'y ait que 8 caisses des écoles en activité pour l'ensemble du département et demande aux communes d'en créer de nouvelles. Le conseil municipal de Cherrueix …refuse à l'unanimité de voter des fonds pour créer une Caisse des Écoles dans notre commune.

En novembre 1899 le préfet rappelle qu'en vertu de la loi du 10/04/1869, la création d'une telle caisse est obligatoire. Le conseil se laisse alors convaincre, l'on crée alors, une nouvelle fois, une Caisse des Écoles, dont on définit alors très précisément et en 14 articles le fonctionnement. Celle-ci existe encore de nos jours.

A la fin du XIXème siècle l'état de l'école et des enseignants s'améliore lentement : en 1883 on commence à chauffer la classe des petites filles (25 F /an pour l'achat du bois) et loger les enseignants (50 F pour le logement de l'instituteur adjoint et 90 F pour celui de l'institutrice). En 1892, l'école des garçons étant achevée et équipée de matériels neufs, le Conseil autorise l'instituteur à brûler l'ancien mobilier pour chauffer la classe.

Les fournitures ne sont pas gratuites. La commune vote des crédits pour payer celles des enfants indigents. En 1905 ils se montent à 125 F à répartir entre 42 élèves dont 80 pour l'école des garçons et 45 pour l'école des filles. L'année suivante le nombre d'élèves indigents se monte à 52 (il s'agit probablement d'enfants de l'Assistance Publique nombreux à Cherrueix à cette époque).

Création d'une salle d'asile aux Cours du Bourg.

La "salle d'asile" désignait jadis ce que nous appelons aujourd'hui une école maternelle. Elle  était destinée à recevoir des enfants de 2 à 5 ans en attendant qu'ils soient acceptés à l'école primaire. Certaines personnes aisées pouvaient se permettre de créer, à titre personnel et de prendre en charge, de telles écoles. C'est ainsi que lors de sa réunion du 24 août 1884, le conseil municipal donne son  accord à "la proposition de Madame Desmoëllons qui se propose d'ouvrir, dans un but de charité, une salle d'asile, à ses frais, pour les petits enfants de 2 à 5 ans, des deux sexes, à l'endroit des Cours du Bourg".

Un bel acte de désintéressement d'une institutrice mérite également d'être rapporté. Le conseil municipal vote en février 1886 une indemnité de 120 F à Mademoiselle Garnier, institutrice, qui la refuse en demandant ( ce qui est accepté sur le champ) à ce qu'elle soit versée à Mademoiselle Richard, ex-institutrice libre, âgée de près de 80 ans et complètement  infirme.

Discrimination des élèves du public et du privé à l'église

De même, en décembre 1921, le directeur de l'école libre demande que 5 des élèves de son école bénéficient de la gratuité des fournitures. Le problème étant sensible , il est décidé un vote à bulletins secrets. Par 8 voix contre deux le secours est refusé "en raison de la différence marquée à l'église entre les enfants des écoles publiques et les enfants des écoles privées".

L'instituteur est nommé secrétaire auxiliaire du Conseil.

Une loi du 5 avril 1884 autorise la nomination d’un secrétaire auxiliaire du conseil municipal; Monsieur Voisin, instituteur, est choisi pour ce poste. Cette décision aura pour la suite comme conséquence une meilleure rédaction des comptes rendus ainsi qu'une meilleure lisibilité.

Bibliothèque

Les enfants  étaient peu portés à lire. Néanmoins, pour les y encourager, une bibliothèque fonctionnait dans l'une des écoles. Voici quelques références à la bibliothèque trouvées dans les comptes rendus.

Déjà, en novembre 1879 la commune demande à Monsieur le Ministre de l'Instruction Publique de bien vouloir lui accorder la concession de quelques ouvrages à titre de subvention et d'encouragement, vu que la commune a voté une somme de 30F pour l'entretien de la bibliothèque.

Lors de sa séance de juin 1910, le Conseil vote une subvention de 27,00 F pour l'achat de livres et demande une subvention de l'État et du Département car elle est insuffisamment garnie.

Décembre 1912 l'instituteur et directeur Monsieur Lécrivain part en retraite. Le conseil demande à ce qu'il soit remplacé par Monsieur Bodin qui était son adjoint.

Création d'une classe enfantine à l'école publique

Une classe enfantine fut créée à la rentrée de 1933 par la commune à l'école publique des filles. Cette ouverture est justifiée par :

- une forte demande de scolarisation d'enfants de moins de 5 ans,

- l'école des filles ne comporte que deux classes et peut aisément en accueillir trois. (le nombre, sans cesse croissant, d'élèves fréquentant cette école atteint 60 à la rentrée de 1932).

8 – La création du bureau de poste

C'est en novembre 1884 qu'il est fait référence, pour la première fois, à la création d'une agence postale. Le Conseil demande au préfet la création d'une recette buraliste à Cherrueix et propose comme candidat volontaire Gilles AUBIN, gérant de débit de tabac au bourg. Ce dernier fit circuler, quatre ans plus tard (1888), une pétition, que le conseil municipal transmit avec avis favorable au préfet, et demandant à ce que "Gilles AUBIN, receveur buraliste, soit autorisé à vendre de la poudre de chasse" . Ceci montre que la recette buraliste fut créée peu de temps après la demande envoyée en 1884 au préfet.

La recette buraliste créée, on s'aperçoit vite qu'une seule levée journalière vers 10 heures du matin est insuffisante. La commune demande une seconde levée vers "2 heures du soir" en raison notamment "d'un grand nombre de marchands patentés sur la commune, de la vente du poisson qui exige beaucoup de courrier et de la vente des asperges qui est très considérable à Cherrueix  et demande une correspondance sérieuse.

La création de bureaux de poste tel que nous les connaissons de nos jours date des années 1890. Il y est fait allusion la première fois en février 1894 lorsque le Directeur des Postes propose que Cherrueix soit desservi par le bureau de poste  qui pourrait être créé à Saint-Broladre. Le Conseil refuse en arguant qu'on a alors intérêt à être desservis par Dol.

En avril 1903 le préfet propose l'installation et l'abonnement, par la commune, d'un service des télégrammes "faisant connaître les cours des bestiaux et des grains sur le marché de Paris". Réponse du Conseil municipal : "on a rien à faire à Cherrueix des prix pratiqués  sur les marchés de Paris".

Lors de sa séance de septembre 1904 le conseil municipal demande la création à Cherrueix d'un bureau de poste et pour cela invoque les arguments suivants qui sont reproduits ci-dessous intégralement car ils fournissent un excellent résumé de la situation économique de la commune à cette époque.

"La commune de Cherrueix compte 1.800 habitants avec beaucoup de commerces de : poissons, œufs, volailles, asperges, plantes fourragères avec :

            - 24 débitants dont 10 sont épiciers merciers

            - 10 marchands de poissons, légumes et asperges,

            - 5 marchands de fourrage,

            - 3 marchands d'œufs, volailles et beurre,

            - 28 cultivateurs expéditeurs d'asperges,

            - 4 boulangers,

            - 3 bouchers expéditeurs de prés-salés,

            - 2 charrons,

            - 5 menuisiers,

            - 2 maréchaux forgerons,

            - 18 fermiers cultivant 50 ha de terre,

            - 35 pêcheurs vendant leur poisson à Dol, Saint-Malo, Combourg et Po ntorson,

            - 5 maçons,

            - 4 couvreurs,

            - 5 minotiers

le somme de ses activités se monte à 800.000 F et en plus on y trouve :

- un service des enfants assistés qui possède 70 à 80 enfants dans la commune en plus des 80 à 90 enfants qui viennent y passer la saison des bains,

- un séjour d'environ 2 mois de 100 à 125 étrangers venant passer leurs vacances à Cherrueix ,

Donc beaucoup de lettres et de mandats émis.

Le facteur arrive à 9 heures et repart à midi (les commerçant n'ont donc que 3 heures pour répondre au courrier )

Du reste la commune est appelée à prendre  plus d'extension et d'importance par suite du passage prochain d'un tramway destiné à la desservir ".

Cette demande avait dû recevoir un accueil favorable car en février 1905 le conseil donne son accord pour payer la différence entre le loyer du local de la poste (1.500 F/an) et les 600 F accordés par le ministère des postes. Le même jour, une installation de boîtes aux lettres au Han et à la Larronnière, aux frais des habitants, est demandée également à l'administration. Le local devait appartenir à des mineurs Ganier car il est indiqué plus tard que la commune versait sa quote part de la location à leur tuteur Étienne Ganier.

En juillet 1905 la commune est avertie qu'elle sera rattachée à compter du 16 juillet au bureau du Vivier pour les lettres. Elle répond en faisant savoir qu'elle préfèrerait être desservie par Monsieur Robert, facteur du bureau de Dol que tout le monde apprécie.

En 1906 le loyer du bureau de poste passe à 200 F dont 50 à la charge de la commune et les 150 F restants réglés par l'administration. En outre on aménage le local aux frais des PTT : achat d'un poêle, d'une boite aux lettres et d'une enseigne qui resteront propriété de la commune.

Le transport des dépêches de Dol à Cherrueix via Saint-Broladre est mis (mars 1906) en adjudication à Rennes. Le Conseil déplore que le courrier ne pourra alors arriver dans la commune qu'à 8h30 et demande que le trajet soit modifié et passe par Cherrueix avant Saint-Broladre "ce qui rendrait un réel service aux nombreux commerçants et expéditeurs d'asperges et de poisson.".

En 1907, nouveaux travaux dans la poste . Le menuisier Louis Prioul installe une cloison avec porte et guichet, une boite aux lettres, une grande enseigne et une petite enseigne, le tout pour 81 F.

9 -  L'arrivée du téléphone à Cherrueix

Le sujet du téléphone es abordé pour la première fois en mars 1901. le préfet propose à la commune le rattachement au réseau téléphonique moyennant le remboursement d'un emprunt  qui serait amené à diminuer avec le temps jusqu'à l'extinction de ce dernier. Le conseil rejette cette proposition car "on est déjà écrasés d'impôts "

En 1903 (29-11) le préfet propose de faire installer le téléphone dans  la commune. Le conseil municipal refuse au prétexte que "on a pas de bureau de poste, donc cela ne servirait à rien".

Le projet est repris en décembre 1908. C'est alors la commune qui demande son raccordement au réseau téléphonique.

Ce n'est qu'en avril 1909 que le préfet propose à la commune, dans le cadre d'un projet de troisième réseau téléphonique, de s'engager à,

 

-          participer aux dépenses de son  établissement,

-          solder la totalité des frais d'installation du matériel et de fonctionnement.

En décembre de la même année il est redemandé à la commune de s'engager de nouveau à :

-         verser au département une contribution qui va décroître chaque année jusqu'à extinction de l'avance faite à l'état par le département,

-         fournir un local pour l'installation de la cabine publique et son entretien,

-         de rémunérer le gérant[23] chargé du bureau,

-         demander aussi le télégraphe et prendre en charge la distribution des télégrammes et avis d'appels plus une sonnerie d'appel chez le "piéton[24]" et rémunérer ce dernier  (500m maximum pour la distribution des télégrammes et avis d'"appels).

L'appareil télégraphique fut commandé en février 1911 pour un montant de 250 F. En fin de cette même année les heures d'ouverture du bureau de poste passent de 12h30-16h00 à 14h00-16h00.

Décembre : 1913 Julien Louët chargé du transport des dépêches qui ne peut plus assurer ce service à compter du 1er  janvier prochain. est remplacé par Hippolyte LAGOUTTE pour 150 F/an.

En 1915 on adjoint à la poste un petit immeuble contigu devant servir de cellier au receveur. Le loyer passe alors de 200 à 250 F/an (50 F payés par la commune et 200 F par la poste).

A la fin de la guerre, la vie ayant considérablement augmenté, on augmente de 100 F/an Madame DROGUET femme du facteur receveur qui anime le service des postes et télégraphes. En 1919, son salaire annuel est porté à 600 F/an. Cette même année on commence à faire payer par le destinataire des télégrammes une taxe de 0,50 F s'ils sont distribués hors du bourg; celui-ci étant défini comme allant de la Ruelle au Loup à la Grange de Travers[25]. Pour le portage le "piéton" reçoit un forfait annuel de 100 F de la part de la commune.

En 1920 le service des postes prend à sa charge les frais du service des téléphones et des télégrammes ce qui fait économiser 600 F/an à la commune.

La commune demande, en 1922, et en vue d'améliorer le service postal, qu'une adjudication soit faite pour le transport des lettres par voiture automobile (au lieu d'un transport par bicyclette) et qu'en même temps cette voiture puisse transporter les "baigneurs et promeneurs  qui viennent en villégiature à Cherrueix". (Le service d'autobus qui existait alors ne fonctionnant plus que d'une façon intermittente et étant sur de point d'être abandonné.). Cette demande dut avoir une suite favorable car on trouve mentionné en 1925 que Monsieur James[26] qui ne reçoit que 9.000 F/an pour assurer le transport des dépêches de Dol à Cherrueix et Saint-Broladre et qui assure également le service des voyageurs pour ces localités, envisageant d'abandonner ce service , la commune demande qu'une subvention lui soit accordée par le Conseil Général.

En 1922 la maison abritant la poste est mise en vente . La commune se porte acquéreur pour la somme de 15.000 F tous frais compris. Elle la reloua 350 F/an au service des PTT.

L'inflation pendant et après la guerre fut considérable. On s'en aperçoit au niveau par exemple de l'indemnité du "piéton" de la poste qui passa de 100 F en 1920 à 400 F en septembre 1923.

En novembre 1930 le conseil municipal émet le vœu que la commune soit reliée directement à Dol et non via le Vivier. Elle le fait se ces termes : Considérant que pour les soins médicaux urgents, pour l'expédition de denrées et pour le développement de notre localité comme station balnéaire, il importe d'être relié au bureau de Dol  d'une façon permanente, le conseil municipal émet le vœu que la ligne téléphonique qui dessert  Cherrueix soit indépendante du bureau du Vivier .

Le 5-7-1931, le conseil municipal décide de demander l'installation d'un poste téléphonique public à encaissement automatique avec liaison à un bureau à service permanent, c'est-à-dire fonctionnant toute la nuit et s'engage à prendre à sa charge les frais d'éclairage de la cabine s'élevant à environ 300 F/an.

10 –– l'arrivée de l'électricité

Il est fait allusion pour la première fois à l'électrification de la commune lors de la séance du 23  mars 1923. "la commune donne son accord au projet d'électrification générale du département et s'engage à  ne pas traiter avec d'autres sociétés que la compagnie LEBON chargée de la réalisation du plan d'ensemble".

Quelques dates clés :

Le 22-3-1925, la commune adhère au Syndicat intercommunal en formation et vote pour frais d'études et de gestion pour 1925 la somme de 143,80 F.

Le 5-12-1926, elle décide d'adhérer au syndicat de Dol et d'électrifier immédiatement la commune.

Une extension du réseau est demandée le 13-03-1927 pour le Han et Sainte-Anne. Le prix est donc revu et s'élève à 88.415,84 F. La commune réajuste l'emprunt en conséquence.

Achat à 25 F/m2 le 18-9-1927 d'un terrain appartenant à madame veuve Bourgain pour l'édification d'un transformateur sur la route du bourg à Sainte-Anne.

Un emprunt destiné à l'électrification est signé le 26-10-1927 avec la Caisse nationale de Crédit agricole au taux de 3% sur 30ans.

Accord le 11-12-1927 pour une extension à la Croix-Galliot.

Un projet d'extension d'électrification de l 'ensemble du marais en suivant la route de Baguer jusqu'au pont de l'Ébillais et la route de Dol jusqu'au Pont Léchard est soumis à discussion le 19-02-1928. N'est concernée que la basse tension et seules les habitations situées en bordure de la route seront desservies. Le vote a lieu le 25-03-1928 : 8 voix sont pour et 8 voix sont contre. Le projet est ajourné.

L'éclairage du Bourg à l'aide de 3 lampes à extinction automatique est voté le 24-06-1928 pour  un coût de 500 F/ lampe.

Pour ce qui concerne les écarts (Aumone, Herbregement, Verdière, Geslière, Essaie, Carrées et Murailles.) on décide en août 1930 qu'une participation de 5% sera demandée aux propriétaires pour l'électrification en basse tension de leurs fermes. Le Conseil reçoit en octobre 1930 un courrier de Monsieur Guy La CHAMBRE déclarant accepter de payer 5% des dépenses pour l'électrification de ses fermes de la Geslière et de l'Essaie.

Il ne faut surtout pas penser pour autant qu'à partir de 1930 tout le monde disposait de l'électricité. Quelqu'un m'a signalé qu'en 1950 ses grands parents, de conditions modestes, n'avaient toujours pas l'électricité. D'ailleurs, et jusqu'aux années 1950 l'électricité était considérée comme un bien cher et n'était utilisée que pour l'éclairage avec une seule lampe de 40 watts suspendue au milieu de la pièce. Il a fallu des années encore pour que les gens utilisent le fer à repasser électrique qui consommait 15 fois plus qu'une lampe.

11 le social et l'hygiène

On a souvent tendance à croire que la couverture sociale remonte à la fin de la seconde guerre mondiale. Il n'en est rien. De très nombreuses formes d'assistance existaient comme on va le voir, avant la guerre. En 1945 on a fait que de les rassembler.

En  novembre 1879 le conseil municipal vote une somme de 60 F ( à prendre sur la taxe sur les chiens) et spécialement affectée au médecin chargé de donner des soins aux indigents.

Création d'un Bureau de Bienfaisance.

Par testament, Monsieur De Boishamon desservant de Saint-Ideuc fait un don, en avril 1881,  de 6.000 F en faveur des pauvres de la commune. A cette occasion le conseil municipal décide la création d'un  Bureau de Bienfaisance. Mais en 1883, l'argent n'étant toujours pas versé, la commune doit mettre la famille en demeure de lui verser la somme qui  lui est due. La commune demande au préfet, le 15-01-1885, l'autorisation de "toucher le leg".

En mars 1921 le conseil municipal décide qu'à chaque mariage une quête sera effectuée au profit du Bureau de Bienfaisance.

Quelques exemples ponctuels d'actions sociales.

22-2-1885 la commune demande au préfet  de faire admettre à l'hospice des enfants assistés au compte du département, un enfant  X de 6ans et demi, orphelin de père et mère à la charge de la charité publique.

7-10-1888 Le conseil municipal demande le placement à l'Hôtel-Dieu de Rennes de Madame X, 47 ans, de bonne moralité, aveugle, infirme et grabataire, à la charge de la charité publique depuis longtemps, qui ne vit que de ce qu'on lui porte, et vu que ses propriétaires vont vendre le petit réduit qu'ils ont bien voulu lui laisser jusqu'à ce jour et qu'elle est ainsi exposée à périr de misère.

11-10-1891. Le conseil municipal demande le placement à Sant-Meen[27] de Madame x complètement aliénée depuis environ 10 ans, méchante ,indécente (deux conseillers municipaux l'on vue dans un état  indécent), a toujours des paroles obscènes dans la bouche, insulte tout le monde, est sur la rue et est exposée à périr de misère en hiver.

22-03-1891. La commune paye chaque année une somme d'environ 100 F pour la contibution aux  dépenses relatives aux aliénés. En 1892 cette somme est portée à 168 F.

27-6-1909 Le conseil municipal reçoit une demande pour l'envoi d'une jeune fille de Cherrueix à se faire soigner à l'Institut Pasteur[28] et fait une demande de subvention dans ce sens auprès du département.

Aide médicale gratuite

Pour les soins aux personnes déshéritées, la commune gère, à ses frais et dans le cadre de "l'Aide Médicale Gratuite" les honoraires du médecin et les remèdes qu'il préconise. Chaque année, elle établit une liste, affichée pendant 20 jours en mairie, des personnes susceptibles de bénéficier de cette assistance. La variation d'une année sur l'autre du nombre de personnes bénéficiant de cette aide joue un peu le rôle d'indice de pauvreté dans la population. En 1895 195 personnes en bénéficient. Le nombre passe à 142 en 1900 puis à 63 en 1901 (ce qui laisse supposer une modification des critères d'attribution). La liste complète pour les années où elle a été mentionnée dans les comptes rendus figure en annexe.

Initialement, le médecin reçoit une somme forfaitaire annuelle pour soigner les indigents. En 1910 on décide de le payer à l'acte avec la tarification suivante :

 

-         consultation au cabinet du médecin : 0,50 F

-         visite à domicile : 1,00 F

-         déplacement hors agglomération : 0,50 F

-         visite de nuit : double de celle du jour

-         pose de ventouses, vaccination, pointes de feu, application de pessaires : 1,00 F (en plus de la consultation)

-         saignée, anthrax : 2,00 F

-         phlegmon, taxis, ponctions hydrocèles : 5,00 F

Surmortalité

Une commission sanitaire dans son compte rendu du 30/08/1910, signale un excédent de mortalité sur notre commune pour les années 1900, 1907 et 1908 et demande à la commune :

            - de faire analyser les puits situés près du cimetière. Le Conseil répond que personne ne se sert de l'eau de ces puits pour l'alimentation.

            - interdire les dépôts de fumier dans l'agglomération. Réponse du Conseil : nous avons pris dans ce sens un arrêté le 26-09-1910

            - d'inviter le médecin à établir après chaque décès un bulletin pour l'état civil. Réponse : il le fait déjà régulièrement.

Imposition de règles d'hygiène.

Suite aux remarques ci-dessus concernant la surmortalité, la commune adopte, le 11-12-1904 et dans l'intérêt de ses administrés, le  règlement sanitaire suivant qui  lui est proposé par la commission sanitaire.

Règlement sanitaire de la commune.

– dans les constructions neuves l'intérieur des murs doit être enduit de chaux,    

– le sol du rez-de-chaussée doit être surélevé[29] d'au moins 30 cm,

– la cuisine doit être pourvue d'espace, d'air et de lumière. La cheminée est obligatoire si l'on fait du feu dans la cuisine

– Toute pièce d'habitation de jour ou de nuit aura 2,60 m sous plafond, 25 m3 minimum et des fenêtres de 1,5 m2 minimum.

- les puits seront à 20 m des fosses à fumier, purin et fosses d'aisances,

- les citernes pour recevoir l'eau de pluie seront étanches et voûtées

- les murs des étables et écuries seront blanchis à la chaux

- les cabinets et fosses d'aisances seront à 40 m au moins des puits et citernes.

 - tout malade avec une maladie transmissible sera isolé en ne laissant approcher que les personnes qui le soignent,

- il est interdit de déverser toute déjection ou crachats d'un malade sur le sol , lieux publics, fumier ou cours d'eau .

Les débuts de la sécurité sociale

Le Journal Officiel du 16 juillet 1905 "assure l'assistance à tout français, privé de ressources, incapable de subvenir par son travail aux nécessités de l'existence  et âgé de plus de 70 ans , soit atteint d'une infirmité ou maladie incurable". La commune établit le coût moyen, par mois, d'un assisté à domicile. Soit :

-         pain                               :4,50 F

-         graisse et beurre          : 3,00 F

-         bois et chauffage          : 3,00 F

-         effets d'habillement      : 1,00 F

                                         -------------

o       Total                             : 11,50 F / mois

Comme 40 personnes susceptibles de bénéficier de cette nouvelle loi sont recensées sur la commune, la dépense afférente s'élève à 5.280 F/an dont 530 pour la commune qui doit augmenter à cet effet ses impôts de 5,5% tout en reconnaissant "l'utilité de cette mesure". Une "Commission d'Assistance aux Vieillards Infirmes et  Incurables (CAVII)" composée du maire et de 5 conseillers est créée le 9/11/1906. Pour 1907, elle dénombre 29 vieillards susceptibles de bénéficier de cette aide.

Lutte contre l'alcoolisme (1907)

Le préfet rappelle à la commune l'existence de la loi du 17 juillet 1880 visant à restreindre, en vue de  lutter contre l'alcoolisme, la création de nouveaux débits de boisson. Le Conseil, défendant ses "bistrots", décide "de laisser la liberté d'établir des débits de boisson aux personnes qui en feront la demande."

Bouilleurs de cru ( 24/09/1916)

Une loi du 30 juin 1916 impose un lieu et des horaires pour la distilleuse. Le conseil municipal propose d'établir cet atelier sur une partie de la digue à l'est de la cale du bourg entre  le jardin à Théophile Jan et la statue de Notre-Dame de la Garde. Horaires : les lundis et mardis de 6 heures du matin à 8 heures du soir. Une taxe de 1 F par barrique de cidre est instituée pour dédommager Madame Couapel, qui louait ce terrain aux Digues et Marais et qui ne peut plus ainsi l'utiliser.

A la demande du directeur des Contributions Directes le conseil municipal décide (27-08-1905) que la distilleuse sera désormais à la disposition des "cultivateurs qui voudraient faire bouillir" dans le bourg. Pour pouvoir "bouillir" il faut se munir au préalable d'un titre de régie de 10 centimes pris à la recette buraliste de la circonscription.

Une nouvelle loi est votée le 30 juillet 1913 en vue de réduire le nombre de débits de boissons. Elle propose une distance minimale entre deux débits de boissons. Avis du conseil municipal : "On maintient la liberté de commerce telle qu'elle existe, car une distance même réduite , conduirait à la suppression de toutes les maisons de commerce du bourg. "

Le conseil municipal donne, en janvier 1923 son accord pour que Eugène Plihon transporte du bourg au Lion-d'Or (400 m environ) son débit de boissons et la licence correspondante. Raison invoquée par le Conseil pour justifier ce déménagement : "L'agglomération comprenant le Lion-d'Or, le Rageul, la Saline et le Bois Robin (250 habitants)  n'a pas de débit de boissons et est visitée aux beaux jours par de nombreux touristes et cela n'augmentera pas le nombre de débits de boissons".

Création d'une "Allocation Famille Nombreuse " et d'une "Assistance aux Femmes en Couches"

Une "Allocation familles nombreuses" et d'une loi d'"assistance aux femmes en couches"est instituée en août 1913. Des listes sont établies par la municipalité pour savoir qui a droit à ces deux types d'assistance. Une commission de 2 membres est élue avec pour mission de veiller à ce que les femmes en couches assistées observent bien les prescriptions de repos et d'hygiène prévues par la loi.

Noms des médecins.

Parmi les quelques médecins cités dans les comptes rendus citons ; les docteurs Ménard de Cherrueix (20-02-1910 et 27/8/1916), Maufrais (31-09-1915) et Brichet (28-02-1915) et Roland de Dol (28-11-1920)

12 – l'agriculture

Le conseil municipal décide (5-10-1890) d'interdire le glanage[30] des pommes aux étrangers à la commune. Le glanage des pommes est réservé aux personnes de la commune et seulement à partir du 1er novembre de chaque année?

Contestation du harcèlement des contributions directes. (1890)

Quand quelqu'un déclare un tonneau de cidre pour le mener à un débit de boisson, il doit le faire au dixième près sous peine d'amende parfois considérable.

-or la redevance est de 0,50 F par tonneau payée au fisc,

- les commis des contributions indirectes peuvent venir chez le débitant mesurer le tonneau,

- considérant :   qu'il est parfois difficile de bien "velter[31]" ; qu'il existe  plusieurs façons de mesurer la capacité d'un tonneau, qu'il arrive que les contributions indirectes se contredisent entre eux, que les amendes sont parfois supérieures au prix du fût plein sous peine de saisie immédiate,

 - demande l'arrêt de ce harcèlement.

Les lavoirs et les puits.

Le territoire de notre commune étant très plat l'eau circule trop lentement dans les biefs pour pouvoir y trouver des lavoirs. Il faut donc aller parfois jusqu'à Saint-Broladre ou Baguer-Pican pour trouver une fontaine ou un ruisseau propice au lavage du linge[32].

Le Vivier propose à notre commune, en 1898, de l'aider à la création, sur son territoire, d'un lavoir municipal sur le Guyoul et dont une partie des  habitants de Cherrueix pourraient bénéficier. Réponse du CM : refus car on a déjà bien du mal à faire face à nos dépenses obligatoires.

Par contre le conseil municipal décide en juin 1906 d'attribuer une somme de 100 F destinée à des réparations  à la fontaine de Trigoyer en Baguer-Pican , cette fontaine étant utilisée par de nombreux habitants de la commune.

A propos de puits le Conseil, en 1892, vote 100 F pour la réparation de la Fontaine du Han[33]. En septembre 1896 un conseiller demande réfection du puits de l'"Yle-Guy[34]" On envoie deux conseillers voir l'urgence des travaux à effectuer.

Création de Comités Agricoles Communaux et d'un Comité Communal d'Action Sociale.

Ils sont créés pendant la première guerre mondiale (en février 1916). Trois cultivateurs sont désignés pour faire partie des Comités Agricoles Communaux et le Comité Communal d'Action Sociale fut composé, au départ, de 7 personnes. Ces institutions continuèrent-elles leur action après la guerre ? Les comptes rendus sont muets à ce sujet.

Inspection des tueries particulières.

Par souci d'hygiène publiques il fut décidé, en 1920, de faire surveiller par un vétérinaire les animaux qu'abattaient les gens chez eux pour leur propre consommation. Cette inspection des "tueries particulières" nécessita le recrutement d'un vétérinaire. La taxe destinée à la rémunération de ce dernier varie suivant les animaux abattus. Elle est de 2 F pour un bœuf , une vache ou un taureau ; 1 F pour un porc et 0,20 F pour un mouton. L'argent recueilli est versé chaque trimestre au receveur municipal;

13 –La "guerre de 14" et  le monument aux morts

Rappelons tout d'abord que la première guerre mondiale débuta le 2 août 1914 et prit fin le 11 novembre 1918.

Comme elle éclata en août, juste au moment de la moisson et que cette dernière était primordiale pour nourrir les français pendant les hostilités, le gouvernement s'en inquiéta très vite et fit réaliser un inventaire des moyens disponibles pour mener à bien la récolte. Dès le 9 août 1914, et suite à une circulaire du préfet, le conseil municipal décide :

- de réaliser un inventaire de la main d'œuvre agricole femmes, vieillards, enfants suffisante pour assurer la moisson,

- sa répartition se fera suivant les besoins des fermiers. Les récoltes des mobilisés seront ramassées et battues en temps utiles,

- les machines agricoles sont en nombre suffisant,

- aucune main d'œuvre étrangère n'est sollicitée pour l'instant,

- aucun crédit n'est demandé

Un instituteur ayant été mobilisé il est demandé à Madame Bréal, institutrice en congé et femme du directeur de l'école de Cherrueix, qu'elle devienne adjointe de son mari.

Prisonniers de guerre allemands (1917)

"Plusieurs femmes de mobilisés ont demandé au maire l'aide de prisonniers de guerre allemands pour la moisson. Le Conseil transmet la demande au préfet.

 En septembre le  maire donne son accord pour recevoir 10 prisonniers de guerre allemands pour les travaux agricoles. Ils seront logés dans la maison Baudouin au bourg après qu'on y ait fait quelques travaux. Ils seront loués au prix de 1,75 F/jour/prisonnier.

En 1918 on redemande l'aide de prisonniers de guerre allemands pour la moisson. Celle-ci arrive trop tard. Néanmoins l'administration  promet l'arrivée pour le 2 août d'une équipe de militaires de 10 personnes plus 6 autres le 3 août mis à la disposition des fermiers jusqu'au 25 août. Une prolongation a été demandée et accordée jusqu'au 9 septembre et une nouvelle équipe de 6 hommes est envoyée;  soit 22 hommes en tout.

Inflation

Pendant la guerre, les denrées se faisant rares, l'inflation atteint des sommets. Pour la compenser on accorde en 1917 à Lagoutte , commissionnaire de la Mairie, une augmentation de +70 F/an à compter du 12-1-1917. Un compte rendu du 5-5-18 mentionne que "la vie a presque triplé" depuis le début de la guerre. Le préfet écrit aux maires pour leur demander d'ajuster  les salaires en raison de la "cherté de vie".

Réquisition d'avoine (août 1918)

La commune doit fournir 70 sacs d'avoine. Le conseil municipal procède à la répartition et ne peut donner que 40 sacs (toutes les avoines ayant gelé cet hiver).

Réquisition de pommes de terre. (septembre 1917)

Un ordre de réquisition de 125 quintaux de pommes de terre est reçu en mairie. Le Conseil vote une répartition de 29,5 quintaux à demander à chaque prestataire.

Décembre 1917. Aide de la Croix Rouge américaine.

Une lettre du préfet informe que la Croix Rouge américaine met à la disposition du département 65.000 F pour les familles éprouvées par la guerre à raison de 100 F par famille de soldat ou d'officier. Le Conseil propose, pour bénéficier de ce don, les noms de 4 familles.

Octobre 1918 "Emprunt de la libération".

"Considérant que la souscription à cet emprunt constitue un hommage de gratitude et d'admiration rendu aux héroïque soldats  et à leurs chefs dont les magnifiques exploits militaires ont couvert de gloire les drapeaux alliés et assuré d'ores et déjà  le salut de nos libertés et la libération prochaine du territoire souillé par l'ennemi, décide de souscrire à l'emprunt national 4% en vue de la délivrance  d'un titre de 50 F moyennant un capital de 885 F."

Messes de requiem de novembre 1918.

"Le comité de Dol de l'Union des Femmes de France"  invite le maire et son conseil municipal à  une messe de requiem le 27 novembre à 10 heures. Réponse du conseil municipal : des messes semblables sont programmées dans toutes les communes, mais pourra  aller qui voudra à Dol à titre individuel.

Merci mon général.

En 1919, le jour de "l'Independence Day" (4 juillet), que fêtent les Américains en souvenir de leur victoire sur l'occupant anglais, le conseil municipal envoie au général Pershing et à sa vaillante armée, venus payer, à notre pays, la dette contractée par les États-Unis envers Lafayette en 1781 le télégramme de remerciement et d'admiration suivant :

" Le conseil municipal de Cherrueix réuni en session extraordinaire le jour de "l'Independence Day", adresse au général PERSHING, commandant de l'armée américaine en France, et à ses valeureux soldats, l'expression de son admiration et de sa reconnaissance pour l'aide si efficace qu'ils nous ont apportée dans la lutte contre notre barbare ennemi et les victoires qu'ils ont remportées, lesquelles victoires nous ont permis de terminer rapidement la guerre et de faire triompher en Europe la  paix et le droit.

Envoie un souvenir ému aux soldats américains tombés au champ d'honneur et qui reposent loin de leur patrie à côté de leurs frères d'armes français"

Monument aux morts.

Le 27 juillet 1919 il est proposé aux communes de participer le 3 août suivant à "une fête de la reconnaissance Nationale aux poilus de la Grande Guerre" organisée par "L'Union des Grandes Associations Françaises". Le conseil de Cherrueix préfère d'abord ériger dans la commune un monument aux morts et reporter cette fête au jour de l'inauguration de ce monument. "Il est donc décidé qu'un monument sera élevé dans la commune par une imposition communale plus une souscription faite par les conseillers municipaux chacun dans son  quartier. Les conseillers, pour donner l'exemple, versent immédiatement chacun une somme variant de 20 à 100 F et recueillent ainsi 1050 F". En septembre, la souscription a rapporté 3.900 F  Le prix du monument étant de 4.500 F (arrivé en gare de  Dol) plus 500 F à prévoir pour le transport, le soubassement et l'érection, il manque 1.100 F qui seront versés par la commune.

En juin 1920 il est décidé que le monument sera érigé dans la partie nord du cimetière actuel et en février 1921 le conseil municipal vote 1.000 F au comité chargé de l'organisation des fêtes d'inauguration du monument aux "Morts pour le France" et remercie Monsieur Haigron, agent-voyer cantonal qui n'a voulu accepter aucune rémunération pour les plans et devis du Monument aux Morts.

14 – La paroisse

Rappelons que Cherrueix a connu trois presbytères. Le plus ancien, que l'on a coutume d'appeler "l'ancien presbytère" et  que se trouvait à l'angle de la rue de la Planche et du Bas-Chemin, le second dont il est question ici et qui fut construit, à gauche, à la sortie du Bourg sur la route de la Larronnière et enfin un troisième qui est actuellement utilisé par la poste et la bibliothèque.

Construction du second  presbytère.

Tout commence, lorsqu'en mai 1881, un certain Monsieur Lainé, desservant la paroisse, fait une donation au conseil municipal une donation pour la construction d'un presbytère. Ce dernier est construit en 1884. L'ancien revient à la disposition de la commune. Le conseil municipal décide de vendre l'ancien pour payer le terrain de l'annexe de l'école  et verser le reste à la caisse de la fabrique en échange du presbytère neuf qui, par là, deviendra bien communal. L'aval du préfet est demandé pour cette opération. Celui-ci met beaucoup de temps à répondre mais finalement donne son accord (en 1885) pour la vente mais refuse que le solde soit versé à la fabrique.

Qui avait financé la construction de ce second presbytère ? Il est probable qu'il s'agissait de fonds privés car en mars 1895 l'abbé Bastard recteur de Cuguen propose d'offrir gratuitement à la commune, via Monsieur Richard recteur de Cherrueix, le presbytère situé dans la commune.

Fin du monopole du clergé pour les inhumations.

Lors de la réunion du 5 novembre 1905 du conseil municipal, le Président donne lecture du texte de loi du 28 octobre 1904 abrogeant les lois conférant aux fabriques  et aux consistoires le monopole des inhumations dans la commune. Le conseil municipal décide que, "comme dans la commune les familles pourvoient directement par leurs soins, en vertu de l'ancienne coutume, au transport et à l'enterrement de leurs morts , émet l'avis que cet usage soit continué dans la commune de Cherrueix".

15 – Divers

Pompe à essence

Il est demandé 100 F/an à titre de droit pour tenir une pompe à essence.(6-3-32)

Le 4-12-32 cette redevance est ramenée à 50 F car le débit est faible. Ceci montre que dès 1932 le parc automobile local justifiait la présence sur la commune d'une pompe à essence.

Nom de la commune.

Le Président lit (28-11-1920) une lettre du sous-préfet informant que Monsieur le doyen de la faculté des lettres de Rennes a pu établir, d'après des documents  historiques authentiques, que le nom de la commune de Cherrueix  devrait s'écrire CHERREUIS et non Cherrueix, invite le conseil municipal à délibérer sur la modification demandée. Le Conseil décide "de conserver l'orthographe actuelle."

Digues et Marais.

En octobre 1933 le conseil municipal émet le vœu que l'assèchement du Marais soit effectué conformément au plan établi par Vauban qui indique que l'écoulement des eaux soit pratiqué par Châteauneuf vers la Rance.

Annexe 1

04205

Fiche de calcul destinée à calculer

la valeur actuelle d'un achat réalisé

entre 1901 et 2003

Valeur en euros des francs de 1901 à 2003

Année

Euros

 

Année

Euros

 

Année

Euros

1901

3,26969

 

1935

0,65394

 

1969

0,94731

1902

3,26969

 

1936

0,60723

 

1970

0,90036

1903

3,26969

 

1937

0,48302

 

1971

0,85199

1904

3,26969

 

1938

0,42506

 

1972

0,80261

1905

3,26969

 

1939

0,39725

 

1973

0,73489

1906

3,54217

 

1940

0,33735

 

1974

0,64618

1907

3,26969

 

1941

0,28720

 

1975

0,57816

1908

3,26969

 

1942

0,23880

 

1976

0,52744

1909

3,26969

 

1943

0,19233

 

1977

0,48226

1910

3,26969

 

1944

0,15743

 

1978

0,44217

1911

2,83373

 

1945

0,10600

 

1979

0,39923

1912

2,83373

 

1946

0,06945

 

1980

0,35158

1913

2,83373

 

1947

0,04656

 

1981

0,31001

1914

2,83373

 

1948

0,02933

 

1982

0,27726

1915

2,36144

 

1949

0,02692

 

1983

0,25292

1916

2,12530

 

1950

0,02356

 

1984

0,23548

1917

1,77108

 

1951

0,02027

 

1985

0,22251

1918

1,37116

 

1952

0,01811

 

1986

0,21675

1919

1,11858

 

1953

0,01842

 

1987

0,21013

1920

0,80200

 

1954

0,01835

 

1988

0,20463

1921

0,92404

 

1955

0,01817

 

1989

0,19750

1922

0,94458

 

1956

0,01744

 

1990

0,19106

1923

0,86747

 

1957

0,01693

 

1991

0,18513

1924

0,75904

 

1958

0,01471

 

1992

0,18085

1925

0,70843

 

1959

0,01386

 

1993

0,17716

1926

0,53805

 

1960

1,33751

 

1994

0,17425

1927

0,51837

 

1961

1,29473

 

1995

0,17129

1928

0,51837

 

1962

1,23528

 

1996

0,16798

1929

0,48857

 

1963

1,17876

 

1997

0,16594

1930

0,48302

 

1964

1,13957

 

1998

0,16480

1931

0,50602

 

1965

1,11185

 

1999

0,16398

1932

0,55203

 

1966

1,08268

 

2000

0,16125

1933

0,57441

 

1967

1,05385

 

2001

0,15861

1934

0,59868

 

1968

1,00845

 

2002

1,02100

 

 

 

 

 

 

2003

1,00000

 

- Remarques. Passage au Nouveau Franc en 1962 et à l'euro en 2002.

- Cette table est  issue de la revue "Le Particulier" N° 982 de novembre 2004.

- Mode d'utilisation : Il suffit de multiplier la somme à convertir par le coefficient apparaissant à gauche de l'année où l'achat a été réalisé. Exemple. Une marchandise acquise pour 172 F en 1921 vaudrait à ce jour 172x0,92404=158,93 euros de 2003 (soit 1.042,54 F).

Pour les puristes qui souhaiteraient connaître les valeurs pour 2004 ou 2005 il suffit de tenir compte d'une augmentation annuelle de 1,5 à 2,0%

 

Annexe 2

Aide médicale gratuite

L'aide Médicale Gratuite (AMG) a été instituée  vers 1890 pour venir en aide aux plus déshérités. Elle consistait à leur fournir gratuitement et aux frais de la commune, la consultation par un  médecin et les médicaments.

Pour en bénéficier il fallait être inscrit sur un liste établie par le conseil municipal, chaque fin d'année, pour l'année suivante et affichée en mairie pendant 20 jours consécutifs.

L'évolution du nombre de personnes bénéficiant de cette aide permet de rendre compte d'une façon assez approximative de l'évolution de la pauvreté dans la commune.

Initialement le médecin recevait une somme forfaitaire annuelle pour soigner ces indigents. Plus tard il fut rémunéré à l'acte.

-    le 28-10-1894 le conseil municipal vote 110,40 F pour l'AMG au titre de 1895

-  le 9-12-1894 est approuvée la liste des 180 indigents appelés à bénéficier de l'AMG en 1895. Cette liste est affichée en mairie pendant 20 jours.

            - 1896 = 183 indigents et 110,40 F.

            - 1897 = 123

            - 1898 = 159

            - 1899 = 149

            - 1900 = 142

            - 1901 = 63

            - 1902 = 63

            - 1904 = 63

            - 1905 = 69

            - 1906 = 68

            - 1908 = 69

            - 1909 = 69

            - 1910 = 73

            - 1911 = 73

            - 1912 = 71

            - 1914 = 50

            - 1915 = 45

            - 1917 = 50

            - 1918 = 48

            - 1919 = 54

            - 1922 = 70

            - 1924 = 77

Le passage de 142 bénéficiaires en 0900 à 63 en 1901 provient d'une modification d'attribution de cette aide.


[1] On a dû citer ici les prénoms des Delépine car ce nom était très porté jadis à Cherrueix à tel point que l'on était même parfois amené à utiliser deux prénoms pour les distinguer ex : Pierre-Placide dans la suite du présent document. Un dépouillement du recensement de 1846 a montré que c'était, et de loin, le nom le plus porté à Cherrueix alors qu'il a complètement disparu, actuellement, de l'annuaire téléphonique.

[2] Ce nom est écrit tantôt avec un "p" (Lecompte) tantôt sans ce "p" (Lecomte). L'orthographe telle qu'elle apparaît dans les registres a été, dans ce qui suit, respectée.

[3] L'orthographe du nom de Pierre Renaud apparaît aussi sous la forme Renaut et Renault. Il faut se souvenir que jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale on avait coutume de dire que "les noms propres (noms de personnes et de lieux)  n'ont pas d'orthographe".

[4] Vicinal (du latin vicinus = voisin), c'est-à-dire des chemins qui relient les communes ou les villages entre eux et dont l'entretien est à la charge de la commune.

[5] Parcelles référencées 664,665,904,906,909,1093 au cadastre  napoléonien.

[6] N797

[7] Ruette n'est signalée dans aucun dictionnaire, sans doute s'agit-t-il d'une attraction avec le mot rotte désignant en local un sentier.

[8] Voir en annexe 2 la table qui permet de transformer, pour comparaison,  ces prix anciens en prix actuels

[9] Péremptoire. Contre quoi on ne peut répliquer.

[10] Bourrache : nom local de nasses en bois. Un très grand modèle (2,5 à 3 mètres de long) situé à la tête des pêcheries était dénommé "le bâchon"

[11] ligne. Il s'agissait d'un hameçon fixé par une ficelle à un pieu enfoncé dans le sable.

[12] "Dzures" prononciation locale pour tésures habituellement utilisée par les journaux.

[13] "Relever " sa pêcherie = aller récupérer le poisson qui s'y est fait prendre.

[14] Caisse montée sur deux roues qui sert au transport des matériaux et qu'on décharge en la faisant  basculer à l'arrière.

[15] Amodier. (du latin modius, boisseau). Concéder l'exploitation d'une terre moyennant une redevance périodique.

[16] Guy Paignon m'a signalé que les Cancalais,lors des marées, venaient alors avec leurs bateaux près des bancs d'huîtres et achetaient directement, aux pêcheurs à pied, les huîtres qu'ils venaient de pêcher.

[17] La Baie est une nursery pour les soles et les bars. Peut-être avait-on tenté , dès cette époque, de les protéger durant les premiers mois suivant leur naissance.

[18] Agent-voyer : ancienne appellation de l'ingénieur du service vicinal. Voyer, anciennement était le fonctionnaire préposé à l'entretien des routes.

[19] Ce qui n'est plus le cas pour les concessions récentes.

[20] Caparaçon (de l'espagnol capa, manteau). Housse d'ornement pour les chevaux, dans les cérémonies.

[21] L'école publique fonctionnait alors dans la mairie actuelle.

[22] Un décompte définitif du 27-09-1908 montre que ce devis fut remarquablement  respecté puisqu'au final l'école revint à 26.801,16 F

[23] 20 F par mois au début (1909)

[24] le piéton de la mairie désignait la personne chargée de distribuer, à pied, d'où son nom (..et à vélo ensuite) le courrier de la mairie .

[25] la Grange de travers se situait à l'angle de la rue du Rageul avec de celle reliant le Bourg à Sainte-Anne.

[26] Il doit probablement s'agir d'Auguste James qui termina sa carrière en  tenant le café-épicerie à Sainte-Anne

[27] Saint-Meen : ancien nom de l'hôpital psychiâtrique de Rennes. L'équivalent à Dinan s'appelait "les Bas Foins".

[28] Rappelons que Pasteur vécut de 1822 à 1895 et c'est en 1885 qu'il mit au point son vaccin contre la rage qui le rendit mondialement célèbre.

[29] Rappelons que pour se protéger du vent et du froid le sol de la pièce commune était, dans la plupart des maisons enterré d'une hauteur d'environ deux marches. (source : Marcel Jacob, été 2004).

[30] Glanage : prendre çà et là ce qui a été abandonné par autrui.

[31] Velte : tige de bois graduée que l'on introduisait par la bonde du tonneau et qui permettait de connaître la contenance de ce dernier.

[32] Ma grand'mère, Anne-marie Chevalier de Sainte-Anne, m'a maintes fois raconté que jusqu'à la seconde guerre mondiale, elle allait faire sa lessive deux fois par an à la fontaine de Trigoyer en Baguer-Pican. Le linge était transporté dans des cuves placées dans une charrette. Pendant la guerre une citerne et un lavoir en ciment lui permirent de faire la lessive sans avoir ainsi à se déplacer aussi loin.

[33] S'agit-il bien de la fontaine qui se trouvait à l'intersection du Bas-Chemin et de la Ruelle des heures ?

[34] Ne s'agit-il pas de  l'Aineguy. ? Y avait-il un puits à cette époque ?

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